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« Pour réussir l'élargissement, il faut une Europe socialement forte »

Par : Contributeur(s) : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2004. Ressources en ligne : Abrégé : Cette étude ethnographique, menée à Porto Alegre à la fin des années quatre-vingt-dix, identifie les réactions de la population âgée face à la violence urbaine. Les personnes interrogées qui appartiennent toutes à la classe moyenne vivent un sentiment croissant d’insécurité engendrant une véritable «culture de la peur». Craignant les atteintes à leurs biens et à leur intégrité physique, elles mettent en œuvre des stratégies sécuritaires à la fois symboliques et pratiques : prudence dans les déplacements, choix des itinéraires, adoption de systèmes variés pour la protection du patrimoine (grillage et alarmes, portiers et vigiles). La prolifération de ces systèmes modifie le paysage urbain au point d’instituer une esthétique de la peur. L’insécurité provoque également la méfiance dans les rapports humains, tant publics que privés, une détérioration dans l’art de cohabiter et de marquer sa solidarité. Alors, pour éviter le repli sur soi, les personnes qui se considèrent comme victimes potentielles de la violence mettent à profit des réseaux privilégiés de sociabilité (relations rituelles entre amis, participation à des associations) qui leur permettent une valorisation affective. D’ailleurs, l’impression de vulnérabilité constitue en elle-même un facteur de socialisation dans la mesure où elle donne naissance à un langage partagé. Les personnes interviewées assimilent tous les phénomènes connotés de violence à un processus qui provoque la dégradation des valeurs éthiques et la déchéance de la civilisation urbaine. Ceux qui ont lutté, au nom de la liberté, pour réduire l’influence des contraintes et tabous sociaux traditionnels s’en trouvent alors trahis. Il est en effet paradoxal qu’après avoir aspiré à la liberté, on craigne aujourd’hui d’user, en paix, du droit d’aller et venir. Parallèlement, s’effectue un travail de mémoire dans lequel apparaît de manière récurrente le regret d’un passé idéalisé. Finalement, la crainte intériorisée de la violence devient un élément de l’héritage social qu’il importe de transmettre aux générations plus jeunes.Abrégé : The Daily Culture of fear Among the Elderly in Porto Alegre (Brazil) This ethnographic study, conducted in Porto Alegre at the end of the 1990s, examines the reactions of the elderly population to urban violence. The persons interviewed, all belonging to the middle class, express a growing sense of insecurity, giving rise to a veritable «culture of fear». Fearing attacks on their property and on their person, they deploy safety strategies that are both symbolic and practical: prudence in their daily movements, choice of the least dangerous routes, installation of property protection systems such as fences, door alarms, security guards, etc. The use of these systems has modified the urban environment, introducing a visual landscape of fear. This fear also leads to greater distrust in human relations, both public and private, and a decline in neighbourliness and solidarity. To avoid withdrawing from society altogether, the people who see themselves as potential victims of violence develop privileged social networks – ritual relations between friends, involvement in associations – to enrich their affective environment. Indeed, the impression of vulnerability is in itself a factor of socialization that gives rise to a shared language. The persons interviewed assimilate all trends linked to violence with a decline in ethical values and the disintegration of urban civilization. Those who have fought, in the name of freedom, to limit the influence of traditional social constraints and taboos, feel betrayed. Indeed, it is paradoxical to observe that after aspiring towards freedom, people no longer feel free to come and go as they please. At the same time, when the elderly look back at their earlier life, regret for an idealized past is a recurrent theme. Lastly, the internalized fear of violence is becoming a component of social heritage that must be transmitted to the younger generations.
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Cette étude ethnographique, menée à Porto Alegre à la fin des années quatre-vingt-dix, identifie les réactions de la population âgée face à la violence urbaine. Les personnes interrogées qui appartiennent toutes à la classe moyenne vivent un sentiment croissant d’insécurité engendrant une véritable «culture de la peur». Craignant les atteintes à leurs biens et à leur intégrité physique, elles mettent en œuvre des stratégies sécuritaires à la fois symboliques et pratiques : prudence dans les déplacements, choix des itinéraires, adoption de systèmes variés pour la protection du patrimoine (grillage et alarmes, portiers et vigiles). La prolifération de ces systèmes modifie le paysage urbain au point d’instituer une esthétique de la peur. L’insécurité provoque également la méfiance dans les rapports humains, tant publics que privés, une détérioration dans l’art de cohabiter et de marquer sa solidarité. Alors, pour éviter le repli sur soi, les personnes qui se considèrent comme victimes potentielles de la violence mettent à profit des réseaux privilégiés de sociabilité (relations rituelles entre amis, participation à des associations) qui leur permettent une valorisation affective. D’ailleurs, l’impression de vulnérabilité constitue en elle-même un facteur de socialisation dans la mesure où elle donne naissance à un langage partagé. Les personnes interviewées assimilent tous les phénomènes connotés de violence à un processus qui provoque la dégradation des valeurs éthiques et la déchéance de la civilisation urbaine. Ceux qui ont lutté, au nom de la liberté, pour réduire l’influence des contraintes et tabous sociaux traditionnels s’en trouvent alors trahis. Il est en effet paradoxal qu’après avoir aspiré à la liberté, on craigne aujourd’hui d’user, en paix, du droit d’aller et venir. Parallèlement, s’effectue un travail de mémoire dans lequel apparaît de manière récurrente le regret d’un passé idéalisé. Finalement, la crainte intériorisée de la violence devient un élément de l’héritage social qu’il importe de transmettre aux générations plus jeunes.

The Daily Culture of fear Among the Elderly in Porto Alegre (Brazil) This ethnographic study, conducted in Porto Alegre at the end of the 1990s, examines the reactions of the elderly population to urban violence. The persons interviewed, all belonging to the middle class, express a growing sense of insecurity, giving rise to a veritable «culture of fear». Fearing attacks on their property and on their person, they deploy safety strategies that are both symbolic and practical: prudence in their daily movements, choice of the least dangerous routes, installation of property protection systems such as fences, door alarms, security guards, etc. The use of these systems has modified the urban environment, introducing a visual landscape of fear. This fear also leads to greater distrust in human relations, both public and private, and a decline in neighbourliness and solidarity. To avoid withdrawing from society altogether, the people who see themselves as potential victims of violence develop privileged social networks – ritual relations between friends, involvement in associations – to enrich their affective environment. Indeed, the impression of vulnerability is in itself a factor of socialization that gives rise to a shared language. The persons interviewed assimilate all trends linked to violence with a decline in ethical values and the disintegration of urban civilization. Those who have fought, in the name of freedom, to limit the influence of traditional social constraints and taboos, feel betrayed. Indeed, it is paradoxical to observe that after aspiring towards freedom, people no longer feel free to come and go as they please. At the same time, when the elderly look back at their earlier life, regret for an idealized past is a recurrent theme. Lastly, the internalized fear of violence is becoming a component of social heritage that must be transmitted to the younger generations.

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