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Entre contextes sociofamiliaux et enjeux professionnels

Par : Contributeur(s) : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2015. Ressources en ligne : Abrégé : La prise en charge de la maladie d’Alzheimer est devenue un objectif majeur des politiques de santé publique et un enjeu central s’est porté sur son diagnostic. On considère encore que les diagnostics sont trop peu nombreux et trop tardifs et le rôle des médecins généralistes est questionné sur ce point (Villars et al., 2013). Cet article tente d’analyser leur place et leurs pratiques en les situant dans un double système de contraintes entre des enjeux professionnels et des contextes sociofamiliaux. D’un côté, les recommandations de la HAS leur attribuent des missions précises en amont et en aval sans qu’ils jouent pour autant le premier rôle dans la réalisation du diagnostic ou dans la prescription médicamenteuse initiale. D’un autre côté, la relation avec les familles est ambivalente. Elles sont des partenaires incontournables dans le suivi des pathologies chroniques, mais leur rôle d’initiation des diagnostics modifie le cadre habituel de la relation médecin/patient et peut poser des questions éthiques aux médecins. Comment prennent-ils position dans ces contextes complexes ? Quelles sont les articulations entre participation au dispositif de diagnostic, implication dans le contexte familial et relation au patient ? Lors d’une enquête qualitative par entretiens sur des cas de diagnostics récemment réalisés, nous avons recueilli les points de vue croisés des médecins, des patients et des familles. Notre analyse met en évidence trois formes spécifiques de régulation de ces contraintes et montre la complexité des positions des médecins et les limites de leurs marges de manœuvre sur ces processus de diagnostic.Abrégé : Between socio-family contexts and professional issues: the role of general practitioners in diagnosing Alzheimer’s disease Care for Alzheimer’s patients has become a major public health policy objective, of which diagnosis is a central component. Diagnosis is still considered insufficient or insufficiently early, and the role of general practitioners in this regard has been questioned (Villars et al., 2013). This article attempts to analyse the role of GPs by considering their practices as constrained by both professional concerns and socio-family contexts. On the one hand, the recommendations of France’s healthcare regulator, the Haute Autorité de Santé, assign specific roles to GPs before and after diagnosis although they do not have primary responsibility for diagnosis or the initial prescription of drugs. On the other hand, the relationship between GPs and patients’ families is ambivalent. Families are inevitable partners in monitoring chronic disease, but their role in initiating diagnosis alters the usual framework of the doctor/patient relationship and can raise ethical issues for GPs. How do doctors position themselves in these complex contexts? How do participation in diagnosis, involvement in the family context and the relationship with the patient intersect? The author collected the viewpoints of doctors, patients and families involved in cases of recent diagnosis through a qualitative survey based on interviews. The analysis highlights three ways these constraints are regulated and shows the complexity of the positions of doctors and their limited control over the diagnostic process
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La prise en charge de la maladie d’Alzheimer est devenue un objectif majeur des politiques de santé publique et un enjeu central s’est porté sur son diagnostic. On considère encore que les diagnostics sont trop peu nombreux et trop tardifs et le rôle des médecins généralistes est questionné sur ce point (Villars et al., 2013). Cet article tente d’analyser leur place et leurs pratiques en les situant dans un double système de contraintes entre des enjeux professionnels et des contextes sociofamiliaux. D’un côté, les recommandations de la HAS leur attribuent des missions précises en amont et en aval sans qu’ils jouent pour autant le premier rôle dans la réalisation du diagnostic ou dans la prescription médicamenteuse initiale. D’un autre côté, la relation avec les familles est ambivalente. Elles sont des partenaires incontournables dans le suivi des pathologies chroniques, mais leur rôle d’initiation des diagnostics modifie le cadre habituel de la relation médecin/patient et peut poser des questions éthiques aux médecins. Comment prennent-ils position dans ces contextes complexes ? Quelles sont les articulations entre participation au dispositif de diagnostic, implication dans le contexte familial et relation au patient ? Lors d’une enquête qualitative par entretiens sur des cas de diagnostics récemment réalisés, nous avons recueilli les points de vue croisés des médecins, des patients et des familles. Notre analyse met en évidence trois formes spécifiques de régulation de ces contraintes et montre la complexité des positions des médecins et les limites de leurs marges de manœuvre sur ces processus de diagnostic.

Between socio-family contexts and professional issues: the role of general practitioners in diagnosing Alzheimer’s disease Care for Alzheimer’s patients has become a major public health policy objective, of which diagnosis is a central component. Diagnosis is still considered insufficient or insufficiently early, and the role of general practitioners in this regard has been questioned (Villars et al., 2013). This article attempts to analyse the role of GPs by considering their practices as constrained by both professional concerns and socio-family contexts. On the one hand, the recommendations of France’s healthcare regulator, the Haute Autorité de Santé, assign specific roles to GPs before and after diagnosis although they do not have primary responsibility for diagnosis or the initial prescription of drugs. On the other hand, the relationship between GPs and patients’ families is ambivalent. Families are inevitable partners in monitoring chronic disease, but their role in initiating diagnosis alters the usual framework of the doctor/patient relationship and can raise ethical issues for GPs. How do doctors position themselves in these complex contexts? How do participation in diagnosis, involvement in the family context and the relationship with the patient intersect? The author collected the viewpoints of doctors, patients and families involved in cases of recent diagnosis through a qualitative survey based on interviews. The analysis highlights three ways these constraints are regulated and shows the complexity of the positions of doctors and their limited control over the diagnostic process

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