Communalisme, autodétermination et autochtonie. Le municipalisme libertaire de Murray Bookchin au regard de l’expérience autochtone en Bolivie et au Chili
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2026.
Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Au contraire de l’inspiration que trouve le mouvement kurde du Rojava dans la théorie politique de Murray Bookchin, les Aymaras en Bolivie et les Mapuche au Chili ne font pas mention du communalisme dans leur mouvement politique. La reconnaissance de leur droit à l’autodétermination en tant que peuples autochtones, parmi les plus importants des deux pays respectifs en termes démographiques et politiques, les lie néanmoins aux discussions que soulève le communalisme. Ces peuples proposent ainsi une formulation de l’autodétermination qui s’émancipe de la construction d’un État-nation pour revendiquer l’autogouvernement des communautés par le biais de principes traditionnels, souvent sujets à réinvention, et leur structuration en confédération. Le parallèle avec les propositions du communalisme de M. Bookchin devient en cela saillant. Le contexte social, le plus souvent rural, et l’héritage colonial de la situation des peuples autochtones met cependant en tension cette théorie et offre ainsi la possibilité de la confronter à des cas limites. Un gain en précision analytique serait alors possible, notamment par la discussion avec l’anarcho-indigénisme comme courant qui trouve chez les peuples autochtones des éléments théoriques pour renforcer la théorie anarchiste.Abrégé : In contrast to the Kurdish Rojava movement, which draws inspiration from Murray Bookchin’s political theory, the Aymara in Bolivia and the Mapuche in Chile make no reference to communalism in their political movements. Recognition of their right to self-determination as Indigenous peoples—among the most significant in demographic and political terms in their respective countries—nevertheless connects them to the debates surrounding communalism. They propose a conception of this right that breaks from the nation-state framework, claiming self-government for communities through traditional principles—often reinvented—and their organization into confederations. The parallel with Bookchin’s proposals for communalism is striking. However, the typically social context and the colonial legacy shaping the situation of Indigenous peoples place this theory in tension, while also allowing it to be tested against borderline cases. A gain in analytical precision becomes possible, notably through engagement with anarcho-indigenism, a current that draws on Indigenous peoples to reinforce anarchist theory.
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Au contraire de l’inspiration que trouve le mouvement kurde du Rojava dans la théorie politique de Murray Bookchin, les Aymaras en Bolivie et les Mapuche au Chili ne font pas mention du communalisme dans leur mouvement politique. La reconnaissance de leur droit à l’autodétermination en tant que peuples autochtones, parmi les plus importants des deux pays respectifs en termes démographiques et politiques, les lie néanmoins aux discussions que soulève le communalisme. Ces peuples proposent ainsi une formulation de l’autodétermination qui s’émancipe de la construction d’un État-nation pour revendiquer l’autogouvernement des communautés par le biais de principes traditionnels, souvent sujets à réinvention, et leur structuration en confédération. Le parallèle avec les propositions du communalisme de M. Bookchin devient en cela saillant. Le contexte social, le plus souvent rural, et l’héritage colonial de la situation des peuples autochtones met cependant en tension cette théorie et offre ainsi la possibilité de la confronter à des cas limites. Un gain en précision analytique serait alors possible, notamment par la discussion avec l’anarcho-indigénisme comme courant qui trouve chez les peuples autochtones des éléments théoriques pour renforcer la théorie anarchiste.
In contrast to the Kurdish Rojava movement, which draws inspiration from Murray Bookchin’s political theory, the Aymara in Bolivia and the Mapuche in Chile make no reference to communalism in their political movements. Recognition of their right to self-determination as Indigenous peoples—among the most significant in demographic and political terms in their respective countries—nevertheless connects them to the debates surrounding communalism. They propose a conception of this right that breaks from the nation-state framework, claiming self-government for communities through traditional principles—often reinvented—and their organization into confederations. The parallel with Bookchin’s proposals for communalism is striking. However, the typically social context and the colonial legacy shaping the situation of Indigenous peoples place this theory in tension, while also allowing it to be tested against borderline cases. A gain in analytical precision becomes possible, notably through engagement with anarcho-indigenism, a current that draws on Indigenous peoples to reinforce anarchist theory.




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