Mythe et altérité enfantine
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Résumé La convenance “naturelle” du conte à l’enfance ne repose-t-elle pas sur quelques préjugés où se mêlent primitivisme, imaginaire, pensée sauvage ? L’article se propose de clarifier cette relation en commençant par situer entre elles les notions de conte, mythe, légende, fable, et par un examen critique des positions de van Gennep et Frazer. En parcourant les interprétations modernes du conte du point de vue de sa valeur éducative (Bettelheim, Belmont) ou de façon plus profonde sa capacité à représenter le réel, D. Ottavi montre que la transcription de l’oralité à l’écrit, la fixation patrimoniale des contes (Grimm, Perrault) et leur dévolution à l’enfance vont de pair. L’interprétation moderne considère les enfants comme les dépositaires d’un savoir mythique archaïque et en donnant aux contes pour fonction première la maîtrise des affects, elle en fait ainsi les premiers destinataires. Mais là encore, Freud comme Wittgenstein montrent qu’il faut chercher la vérité du conte dans son “inquiétante étrangeté”, l’expérience des limites et la rencontre avec certaines formes de terreur radicale.
Myth and the otherness of childhood Is not the “natural” suitability of the story for childhood based on some prejudices where ideas of primitivism, imagination and uncivilised thought are intermingled? The article proposes to clarify this relationship, starting by distinguishing between the notions of story, myth, legend and fable and by a critical examination of the positions of van Gennep and Frazer. D. Ottavi reviews the modern interpretations of the story from the point of view of its educational value (Bettelheim, Belmont) or in a more profound way its capacity to represent the real. She shows that in their transcription from oral to written versions the strong heritage focus of stories (Grimm, Perrault) and their use with children go hand in hand. According to the modern interpretation children are considered the depositories of an archaic, mythical knowledge. By attributing to stories their first role in the control of feelings, children thus become the first targets. But here too, Freud likeWittgenstein, shows that truth must be sought in the “unsettling strangeness” of the story, the experience of limits and the encounter with certain deep forms of terror.
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