Une parole incontrôlée ? De la rhétorique de l’opposition aux mots de la rébellion des États de Bohême (1618-1620)
Richard, Nicolas
Une parole incontrôlée ? De la rhétorique de l’opposition aux mots de la rébellion des États de Bohême (1618-1620) - 2017.
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Rarement analysé par les historiens des révoltes, parce qu’il ne fut ni spontané, ni populaire, ni appuyé sur une pensée politique originale, le soulèvement des états de Bohême (1618-1620) présente une qualité rare pour l’historien : sa banalité. Les nobles révoltés étaient en effet des gens rompus aux débats, houleux mais codifiés, de la diète du royaume. La défenestration, reprenait un rituel certes traditionnel dans le royaume, mais peu compréhensible dans une Europe sensible aux questions de la souveraineté. En revanche le discours ad extra (ménageant la majesté royale) et ad intra (le prophétisme protestant) était soigneusement contrôlé – peut-être trop, d’où un effet démobilisateur. Uncontrolled Speech? From Opposition Rhetoric to the Language of the Bohemian Revolt (1618-1620) Rarely analyzed by historians who study revolts because it was not spontaneous, popular, or based on any original political thought, the Uprising of Bohemian Estates (1618-1620) provides historians with something rare: banality. The rebelling nobles were indeed accustomed to the heated but codified debates of the kingdom’s diet. The defenestration revived a ritual that was certainly a tradition in the kingdom but not particularly comprehensible for a Europe that was sensitive to questions about sovereignty. On the other hand, ad extra discourse (preserving the position of royal majesty) and ad intra discourse (Protestant prophetism) were carefully controlled—perhaps excessively so, causing rebels to become discouraged.
Une parole incontrôlée ? De la rhétorique de l’opposition aux mots de la rébellion des États de Bohême (1618-1620) - 2017.
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Rarement analysé par les historiens des révoltes, parce qu’il ne fut ni spontané, ni populaire, ni appuyé sur une pensée politique originale, le soulèvement des états de Bohême (1618-1620) présente une qualité rare pour l’historien : sa banalité. Les nobles révoltés étaient en effet des gens rompus aux débats, houleux mais codifiés, de la diète du royaume. La défenestration, reprenait un rituel certes traditionnel dans le royaume, mais peu compréhensible dans une Europe sensible aux questions de la souveraineté. En revanche le discours ad extra (ménageant la majesté royale) et ad intra (le prophétisme protestant) était soigneusement contrôlé – peut-être trop, d’où un effet démobilisateur. Uncontrolled Speech? From Opposition Rhetoric to the Language of the Bohemian Revolt (1618-1620) Rarely analyzed by historians who study revolts because it was not spontaneous, popular, or based on any original political thought, the Uprising of Bohemian Estates (1618-1620) provides historians with something rare: banality. The rebelling nobles were indeed accustomed to the heated but codified debates of the kingdom’s diet. The defenestration revived a ritual that was certainly a tradition in the kingdom but not particularly comprehensible for a Europe that was sensitive to questions about sovereignty. On the other hand, ad extra discourse (preserving the position of royal majesty) and ad intra discourse (Protestant prophetism) were carefully controlled—perhaps excessively so, causing rebels to become discouraged.




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