F. Alquié, Leçons sur Descartes. Science et métaphysique chez Descartes, Paris, La Table ronde, 2005, 288 p., 10 E.
Savini, Massimiliano
F. Alquié, Leçons sur Descartes. Science et métaphysique chez Descartes, Paris, La Table ronde, 2005, 288 p., 10 E. - 2005.
40
La logique cartésienne est introuvable parce qu’on a cherché une logique qui n’existe pas, c’est-à-dire une logique classique sur le modèle des manuels de la tradition réformée. La puissance transgressive de Descartes, même dans ce domaine, a été radicale : il a bafoué l’Arbre de Porphyre, vidé de sens la théorie des catégories, montré l’inutilité du syllogisme pour la recherche scientifique. Sans efficacité, à son avis, fut le renouveau d’une logique fondée sur des normes préconstituées. Il se « limite » pourtant à suggérer, sur le modèle des procédés mathématiques, une attitude de pensée centrée sur l’intuitus et dont les relations sont garanties par les notions de « série » et de respectus. La transgression cartésienne a été si bouleversante que « Descartes logicien » devient un auteur maudit et l’attitude qu’il aurait voulu inspirer n’a connu aucune fortune, à telle enseigne que même la Logique de Port-Royal qu’on voudrait cartésienne consacre un grand espace à la syllogistique. Undiscoverable is the Cartesian logic, because scholars looked for a logic that does not exist, i.e. a classical logic after the model of traditional, more or less reformed, manuals. Descartes’ transgressive power was radical even in this domain : he scorned Phorphyrius Tree, voided the theory of categories of all meaning, showed the uselessness of syllogism for scientific research. Just as totally ineffective was, in his view, the renewal of a logic founded on preconstituted norms. He therefore « limits » himself to suggest, after the model of mathematical procedures, an attitude of thought centered on intuitus and whose relationships are guaranteed by the notions of « series » and respectus. The Cartesian transgression turned out to be so upsetting that « Descartes the logician » became a wicked ( « maudit » ) author and the attitude he had meant to inspire had no fortune whatsoever, to such a point that even the Logic of Port-Royal – purportedly Cartesian – leaves much room to syllogistics.
F. Alquié, Leçons sur Descartes. Science et métaphysique chez Descartes, Paris, La Table ronde, 2005, 288 p., 10 E. - 2005.
40
La logique cartésienne est introuvable parce qu’on a cherché une logique qui n’existe pas, c’est-à-dire une logique classique sur le modèle des manuels de la tradition réformée. La puissance transgressive de Descartes, même dans ce domaine, a été radicale : il a bafoué l’Arbre de Porphyre, vidé de sens la théorie des catégories, montré l’inutilité du syllogisme pour la recherche scientifique. Sans efficacité, à son avis, fut le renouveau d’une logique fondée sur des normes préconstituées. Il se « limite » pourtant à suggérer, sur le modèle des procédés mathématiques, une attitude de pensée centrée sur l’intuitus et dont les relations sont garanties par les notions de « série » et de respectus. La transgression cartésienne a été si bouleversante que « Descartes logicien » devient un auteur maudit et l’attitude qu’il aurait voulu inspirer n’a connu aucune fortune, à telle enseigne que même la Logique de Port-Royal qu’on voudrait cartésienne consacre un grand espace à la syllogistique. Undiscoverable is the Cartesian logic, because scholars looked for a logic that does not exist, i.e. a classical logic after the model of traditional, more or less reformed, manuals. Descartes’ transgressive power was radical even in this domain : he scorned Phorphyrius Tree, voided the theory of categories of all meaning, showed the uselessness of syllogism for scientific research. Just as totally ineffective was, in his view, the renewal of a logic founded on preconstituted norms. He therefore « limits » himself to suggest, after the model of mathematical procedures, an attitude of thought centered on intuitus and whose relationships are guaranteed by the notions of « series » and respectus. The Cartesian transgression turned out to be so upsetting that « Descartes the logician » became a wicked ( « maudit » ) author and the attitude he had meant to inspire had no fortune whatsoever, to such a point that even the Logic of Port-Royal – purportedly Cartesian – leaves much room to syllogistics.




Réseaux sociaux