La France, phénix minier des années 1950-1960

Passaqui, Jean-Philippe

La France, phénix minier des années 1950-1960 - 2026.


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En 1937, l’ingénieur des Mines Fernand Blondel s’inquiète de la médiocrité de la production minière française, tout en établissant les contours d’une véritable politique minière. Son propos n’a, à l’époque, que peu d’échos, mais la Seconde Guerre mondiale crée les conditions d’une rupture au niveau des industries extractives nationales.La France apparaît comme un vieux pays minier dont la plus grande partie de la production provient des mines de fer et des houillères. C’est dans ce contexte morose, et même inquiétant au moment d’envisager la reconstruction du pays, que se dessinent les premières réflexions qui vont aboutir aux bouleversements décisifs des années 1950. Afin d’atteindre ou recouvrer son indépendance pour certaines substances minérales stratégiques, un effort important est mené au sein des organismes de formation, que ce soit à l’École des Mines de Paris ou à celle de Nancy. À quelques mètres de celle-ci, l’École Nationale Supérieure de Géologie de Nancy impose son modèle d’ingénieur-géologue. En parallèle, des services de prospection sont réorganisés (BRGG, puis BRGGM et enfin BRGM) ou constitués (DREM pour la recherche de matières radioactives). Au début des années 1950, le sous-sol français reste paradoxalement beaucoup moins bien connu que celui des autres pays développés. Longtemps négligés, les minerais métalliques deviennent une priorité nationale, à un moment où l’intérêt industriel de certains est confirmé, aboutissant aussi à une redéfinition du cadre législatif et administratif qui doit accompagner le relèvement minier.Il en découle une refonte importante des conditions de valorisation du sous-sol français, la plus ambitieuse depuis la promulgation de la loi de 1810. Un Code minier est adopté en 1956, en parallèle des efforts de prospection et de mise en valeur du sous-sol. Au cours des années suivantes, de nouvelles substances minérales deviennent concessibles. Sans devenir un acteur important dans le domaine de l’extraction de minerais métalliques, la France n’en a pas moins été apte à se suffire à elle-même pour couvrir certains besoins.Les évolutions juridiques et administratives retenues en 1956 ont été suffisamment pertinentes pour faire de la France un acteur du monde minier non négligeable, souvent cité en modèle… jusqu’au début des années 1980, période à partir de laquelle les fermetures s’enchaînent. Mais face à un environnement géopolitique complexe et menaçant, aux nécessités de mener la transition énergétique et la décarbonation de notre société, plusieurs projets miniers ont été engagés récemment, en s’appuyant souvent sur les ressources découvertes après 1950 (scheelite, fluorine et or en particulier). Nous comparons le contexte juridique et administratif des années 1950 avec celui d’aujourd’hui pour comprendre les difficultés à relancer une industrie extractive ambitieuse, acteur essentiel et stratégique de la préservation ou de la création d’activités industrielles critiques à l’échelle européenne. In 1937, as he sought to develop a national policy for the extractive industries, the engineer Fernand Blondel was concerned about the mediocre nation of the activity in France. Although his proposals were not initially met with an enthusiastic response, the Second World War created the conditions for a breakthrough.Despite the fact that France had a history of mining, principally based on iron and coal mines, the situation was not favourable as policy makers shaped new policies from the 1950s in order to reconstruct the country. Gaining or regaining independence for certain strategic mineral substances was essential. Major changes were made within training organisations, including the École des Mines in Paris and at the École des Mines in Nancy. The École Nationale Supérieure de Géologie in Nancy imposed its model of geological engineering, while major exploration institutions were reorganised (BRGG, then BRGGM, and finally BRGM) or set up (DREM for the search for radioactive materials). Paradoxically, at the beginning of the 1950s, France’s subsoil was still much less well known than that of other developed countries. Long neglected, metal ores became a national priority as their potential in industrial processes became clearer. As a result, legislative and administrative frameworks were redesigned to accelerate the revival of the mining sector.This led to the most significant overhaul of the conditions for developing French subsoil since the enactment of the law of 1810 when a Mining Code was adopted in 1956, in parallel with efforts to explore and develop the subsoil. In the years that followed, new mineral substances became available and, as a result, France was able to meet some of its needs in this area. Thanks to these legal and administrative changes introduced in 1956, France became a significant player in the mining world. It was often referred to as exemplary in the development of such an industry until the early 1980s, when mines in France began to close down.Today’s geopolitical environment is increasingly complex and threatening, however. There is also a need to transition to renewable energy resources and to decarbonise society. As a result, a number of mining projects have been launched recently that are based on resources discovered after 1950 such as scheelite, fluorite and gold. The article concludes with a comparison of today’s legal and administrative context with that of the 1950s. The objective is to compare the difficulties in relaunching an ambitious extractive industry and to identify how policy makers might support France’s development as an essential and strategic player in the preservation or creation of critical industrial activities on a European scale.

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