Les déterminants du bien-être individuel en Afrique francophone : le poids des institutions
Razafindrakoto, Mireille
Les déterminants du bien-être individuel en Afrique francophone : le poids des institutions - 2007.
14
RésuméLe bien-être subjectif fait aujourd’hui l’objet d’une littérature empirique de plus en plus abondante. Différentes catégories de facteurs (psychologiques, sociodémographiques et économiques) sont mises en avant pour expliquer le bien-être subjectif. Cependant, jusqu’à présent, les travaux sur ce thème portent essentiellement sur les pays développés. Par ailleurs, encore moins d’études se sont penchées sur les liens entre les facteurs institutionnels et le sentiment de bien-être. Cet article se propose d’évaluer dans quelle mesure les « faits stylisés » obtenus sur les pays développés, s’appliquent également dans les pays les plus pauvres. Sans négliger les autres facteurs, une attention particulière est accordée au rôle de la gouvernance et des institutions (économiques et politiques) sur le bien-être subjectif. Les données mobilisées proviennent des modules thématiques des enquêtes 1-2-3, un riche corpus d’enquêtes comparables menées auprès des ménages dans huit pays d’Afrique sub-saharienne. Bien qu’exploratoires, les analyses mettent en lumière trois types de résultats. En premier lieu, même si les pays africains se distinguent par quelques spécificités – comme l’impact positif de l’insertion dans l’informel sur le bien-être – on retrouve les effets de variables classiques comme le revenu ou l’éducation. En deuxième lieu, différents mécanismes à travers lesquels les institutions influent sur le bien-être sont identifiés. En plus des effets de la performance des institutions sur les conditions individuelles (en termes de revenu, d’éducation, d’emploi, de sécurité, etc.), la qualité des institutions peut engendrer des motifs de satisfaction intrinsèque. Enfin, l’analyse révèle un phénomène paradoxal : le niveau de confiance accordé au parlement est corrélé négativement avec le bien-être. Ce dernier résultat, significatif en particulier chez les quartiles les plus pauvres, peut s’interpréter par une attente plus forte des plus démunis à l’égard de la représentation démocratique, malgré ses dysfonctionnements. Subjective welfare is an increasingly important topic for empirical literature. Several factors (psychological, socio-demographic and economic) are proposed to explain subjective welfare. Until now, research on subjective welfare has primarily focused on developed countries. Very little research has been done on the linkages between institutional factors and the perception of welfare by society.The intent of this article is to assess the applicability to the poorest countries of “stylized facts” collected in developed countries. Without minimizing the importance of other factors, the article pays particular attention to the impact of governance and institutions (economic and political) on subjective welfare. It uses data from thematic modules in 1-2-3 surveys, a large body of household surveys providing comparative data from eight countries in Sub-Saharan Africa.Although exploratory, the analysis highlights three types of results. First, despite specific characteristics, such as the positive impact on welfare of the widespread availability of employment in the informal sector, the data show that the impact of traditional variables (e.g. income and education) is also important in African countries. Secondly, the article identifies different ways for institutions to exert their influence. In addition, the quality of public services is examined in terms of income, education, employment, security, etc. Finally, the analysis brings to light a paradoxical finding: the level of trust in the parliament is negatively correlated with the level of welfare. This finding, which is particularly significant in the poorest quartiles, could explain the higher expectations of the poorest from the democratic apparatus, despite its dysfunctionalities.
Les déterminants du bien-être individuel en Afrique francophone : le poids des institutions - 2007.
14
RésuméLe bien-être subjectif fait aujourd’hui l’objet d’une littérature empirique de plus en plus abondante. Différentes catégories de facteurs (psychologiques, sociodémographiques et économiques) sont mises en avant pour expliquer le bien-être subjectif. Cependant, jusqu’à présent, les travaux sur ce thème portent essentiellement sur les pays développés. Par ailleurs, encore moins d’études se sont penchées sur les liens entre les facteurs institutionnels et le sentiment de bien-être. Cet article se propose d’évaluer dans quelle mesure les « faits stylisés » obtenus sur les pays développés, s’appliquent également dans les pays les plus pauvres. Sans négliger les autres facteurs, une attention particulière est accordée au rôle de la gouvernance et des institutions (économiques et politiques) sur le bien-être subjectif. Les données mobilisées proviennent des modules thématiques des enquêtes 1-2-3, un riche corpus d’enquêtes comparables menées auprès des ménages dans huit pays d’Afrique sub-saharienne. Bien qu’exploratoires, les analyses mettent en lumière trois types de résultats. En premier lieu, même si les pays africains se distinguent par quelques spécificités – comme l’impact positif de l’insertion dans l’informel sur le bien-être – on retrouve les effets de variables classiques comme le revenu ou l’éducation. En deuxième lieu, différents mécanismes à travers lesquels les institutions influent sur le bien-être sont identifiés. En plus des effets de la performance des institutions sur les conditions individuelles (en termes de revenu, d’éducation, d’emploi, de sécurité, etc.), la qualité des institutions peut engendrer des motifs de satisfaction intrinsèque. Enfin, l’analyse révèle un phénomène paradoxal : le niveau de confiance accordé au parlement est corrélé négativement avec le bien-être. Ce dernier résultat, significatif en particulier chez les quartiles les plus pauvres, peut s’interpréter par une attente plus forte des plus démunis à l’égard de la représentation démocratique, malgré ses dysfonctionnements. Subjective welfare is an increasingly important topic for empirical literature. Several factors (psychological, socio-demographic and economic) are proposed to explain subjective welfare. Until now, research on subjective welfare has primarily focused on developed countries. Very little research has been done on the linkages between institutional factors and the perception of welfare by society.The intent of this article is to assess the applicability to the poorest countries of “stylized facts” collected in developed countries. Without minimizing the importance of other factors, the article pays particular attention to the impact of governance and institutions (economic and political) on subjective welfare. It uses data from thematic modules in 1-2-3 surveys, a large body of household surveys providing comparative data from eight countries in Sub-Saharan Africa.Although exploratory, the analysis highlights three types of results. First, despite specific characteristics, such as the positive impact on welfare of the widespread availability of employment in the informal sector, the data show that the impact of traditional variables (e.g. income and education) is also important in African countries. Secondly, the article identifies different ways for institutions to exert their influence. In addition, the quality of public services is examined in terms of income, education, employment, security, etc. Finally, the analysis brings to light a paradoxical finding: the level of trust in the parliament is negatively correlated with the level of welfare. This finding, which is particularly significant in the poorest quartiles, could explain the higher expectations of the poorest from the democratic apparatus, despite its dysfunctionalities.
Réseaux sociaux