Pluralisme anglais et pluralisme américain : Bertrand Russell et William James
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2006.
Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Cet article vise à présenter le pluralisme de William James par contraste avec celui de Bertrand Russell. En effet, malgré les rapprochements qu’ont pu faire Jean Wahl et Gilles Deleuze, les pluralismes de Russell et de James sont profondément différents et par certains aspects incompatibles. Le pluralisme de Russell est d’origine logique et constitue un argument en faveur du réalisme en théorie de la connaissance. Le pluralisme de James est d’origine métaphysique et ne trouve sa signification et sa valeur que dans les conséquences pratiques auxquelles il aboutit en morale. Le critère du premier est la reconnaissance d’une multiplicité d’éléments irréductibles les uns aux autres. Le critère du second est la reconnaissance de la liberté et de la nouveauté dans le monde. Le premier peut bien trouver son origine dans l’empirisme atomiste de Hume, mais le second est plutôt le prolongement des philosophies de Kant et de Renouvier. Le rapprochement malheureux entre les deux est dû selon nous a une équivoque sur la question des relations extérieures, qui empêche de comprendre correctement la pensée de James.Abrégé : The aim of this article is to present William James’ pluralism in contrast to Bertrand Russell’s one. Though Jean Wahl and Gilles Deleuze tried to put these two pluralisms together, they are quite different and incompatible in many ways. Russell’s one is logical in its origins and makes him able to claim a realistic epistemology. James’ one, on the contrary, has its origins in metaphysics and finds its true sense and value in moral philosophy. While the former rests on the affirmation of a multiplicity of irreducible elements, the latter emphasizes rather the freedom and the novelty in the world. Hume’s atomistic empiricism may well be shown to be the historical root of Russell’s pluralism, but James drew his inspiration rather from Kant’s and Renouvier’s philosophies. The specious likeness between those two is due to an ambiguity on the question of external relations, that prevents us from truly understanding James’ thought on the matter.
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Cet article vise à présenter le pluralisme de William James par contraste avec celui de Bertrand Russell. En effet, malgré les rapprochements qu’ont pu faire Jean Wahl et Gilles Deleuze, les pluralismes de Russell et de James sont profondément différents et par certains aspects incompatibles. Le pluralisme de Russell est d’origine logique et constitue un argument en faveur du réalisme en théorie de la connaissance. Le pluralisme de James est d’origine métaphysique et ne trouve sa signification et sa valeur que dans les conséquences pratiques auxquelles il aboutit en morale. Le critère du premier est la reconnaissance d’une multiplicité d’éléments irréductibles les uns aux autres. Le critère du second est la reconnaissance de la liberté et de la nouveauté dans le monde. Le premier peut bien trouver son origine dans l’empirisme atomiste de Hume, mais le second est plutôt le prolongement des philosophies de Kant et de Renouvier. Le rapprochement malheureux entre les deux est dû selon nous a une équivoque sur la question des relations extérieures, qui empêche de comprendre correctement la pensée de James.
The aim of this article is to present William James’ pluralism in contrast to Bertrand Russell’s one. Though Jean Wahl and Gilles Deleuze tried to put these two pluralisms together, they are quite different and incompatible in many ways. Russell’s one is logical in its origins and makes him able to claim a realistic epistemology. James’ one, on the contrary, has its origins in metaphysics and finds its true sense and value in moral philosophy. While the former rests on the affirmation of a multiplicity of irreducible elements, the latter emphasizes rather the freedom and the novelty in the world. Hume’s atomistic empiricism may well be shown to be the historical root of Russell’s pluralism, but James drew his inspiration rather from Kant’s and Renouvier’s philosophies. The specious likeness between those two is due to an ambiguity on the question of external relations, that prevents us from truly understanding James’ thought on the matter.




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