Perversion et psychose II (dans « Kant avec Sade » de Jacques Lacan)
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2017.
Sujet(s) : - « Kant avec Sade »
- causalité
- dépasser la mort
- douleur d’exister
- effacement du nom
- loi morale
- mélancolie
- objet chez Sade
- Perversion
- psychose
- pulsion de mort
- refente du sujet
- voix
- « Kant with Sade »
- causality
- death drive
- grief of living
- melancholia the obliteration of the name
- moral law
- object in Sade’s works
- Perversion
- psychosis
- split of the subject
- to overcome the death
- voice
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Répondre à la question de savoir comment la perversion et la psychose se situent l’une par rapport à l’autre est nécessaire pour éclairer ces deux structures cliniques. Si la perversion évolue sous le régime logique du déni (de la castration) et la psychose sous celui de la forclusion (du Nom-du-Père et/ou du phallus) il est clair que ces deux structures ne se confondent pas. Un pervers ne rejette ni le père ni le phallus. Mais un psychotique peut trouver dans une perversion une assise qui ne se réduit pas aux « traits de perversion » toujours présents dans les fantasmes des névrosés. Un psychotique peut agir comme un pervers, s’habiller en pervers, jouer dans un scénario pervers. Selon Freud, la perversion est le négatif de l’hystérie. Pourrait-on affirmer que la perversion propose une scène pour la psychose ? Que la perversion ne se transforme pas en psychose, est-ce que cela ne rend pas pour autant le pervers insensible aux phénomènes psychotiques ? Comme nous le verrons, dans l’écrit « Kant avec Sade » (1960) de Lacan, la perversion croise trois fois les voies de la psychose. Un pervers ne devient pas fou ni un fou pervers, et pourtant ni la perversion ni la psychose ne sont étanches l’une par rapport à l’autre. Les passerelles qui mènent de l’une à l’autre peuvent entraîner tel sujet au crime sexuel et tel autre à une création sublime…
Understanding the relation between perversion and psychosis is necessary to cast light on these two clinical structures. Perversion evolves as a consequence of the denial of castration while psychosis results from the foreclosure of the phallus. These two structures are therefore fundamentally different. A pervert rejects neither father nor phallus. However a psychotic can find in perversion a grounding which should not be reduced to the few perversion features which are always present in the fantasies of neurotic subjects. He can act like a pervert, dress like one and play in a pervert script. According to Freud, perversion is the negative face of hysteria. Can we contend that perversion offers a stage for psychosis? Perversion never turns into psychosis but it does not mean that a pervert is not liable to yield to psychotic phenomena. In « Kant with Sade » (1969), we read that perversion crosses three times the path of psychosis. A pervert will not become mad nor a madman a pervert, yet neither perversion nor psychosis are immune from one another. The path relating them may either lead a subject to a sexual crime or to a sublime creation.




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