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Une historienne et le « personnel »

Par : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2002. Ressources en ligne : Abrégé : RésuméArlette Farge, dans Le Goût de l’archive, décrit les documents sur lesquels elle travaille et les lieux où elle conduit sa recherche. En revanche, elle écarte tout élément « personnel » : elle ne retrace pas son parcours académique, ne révèle rien de sa vie privée et va jusqu’à exclure toute marque du « je ». Cette manière très singulière de s’absenter du texte comporte un certain nombre d’enjeux. Tout d’abord, Le Goût de l’archive constitue une réflexion sur l’ego-histoire : Farge refuse le postulat qui sous-tend les récits de carrière de ses collègues, à savoir que la réussite scientifique d’un chercheur rend la vie de celui-ci intéressante et « racontable ». D’autre part, le livre implique un commentaire sur certaines conventions d’écriture qui règlent le discours historique. En éliminant la première personne d’un texte où elle aurait pu légitimement s’en servir, Farge attire l’attention sur les problèmes de « subjectivité » qui se posent actuellement dans ce discours. Finalement, en parlant des lieux où elle se rend et des manuscrits qu’elle consulte, Farge signale un des non-dits de l’histoire. En creux, elle montre ce que pourrait être un texte où l’historien ne présenterait pas que les résultats de son enquête, mais ferait une place au déroulement de celle-ci.Abrégé : Arlette Farge, in Le Goût de l’archive, describes the documents that she uses and the places where she conducts her research. But she eliminates everything « personal » : she does not recount her career, says nothing about her private life, and even suppresses all signs of her « I ». Some important issues are at stake here. Firstly, Le Goût de l’archive can be viewed as a reflexion about the historians’ propension to tell their lives ; Farge rejects the assumption that underlies her colleagues career narratives, namely, that a researcher’s scholarly success makes his/her life interesting and « tellable ». Furthermore, the book implies a commentary about some of the conventions of writing that shape historical discourse. Farge, by discarding the first person in a text where she was entitled to use it, points to the problem of displaying one’s « subjectivity » in that discourse. Finally, by writing a whole book about libraries and documents, Farge exposes one of the blind spots of history. Indirectly, she shows what historical texts could be like if researchers did not focus on results exclusively, but also told about the process of their investigations
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RésuméArlette Farge, dans Le Goût de l’archive, décrit les documents sur lesquels elle travaille et les lieux où elle conduit sa recherche. En revanche, elle écarte tout élément « personnel » : elle ne retrace pas son parcours académique, ne révèle rien de sa vie privée et va jusqu’à exclure toute marque du « je ». Cette manière très singulière de s’absenter du texte comporte un certain nombre d’enjeux. Tout d’abord, Le Goût de l’archive constitue une réflexion sur l’ego-histoire : Farge refuse le postulat qui sous-tend les récits de carrière de ses collègues, à savoir que la réussite scientifique d’un chercheur rend la vie de celui-ci intéressante et « racontable ». D’autre part, le livre implique un commentaire sur certaines conventions d’écriture qui règlent le discours historique. En éliminant la première personne d’un texte où elle aurait pu légitimement s’en servir, Farge attire l’attention sur les problèmes de « subjectivité » qui se posent actuellement dans ce discours. Finalement, en parlant des lieux où elle se rend et des manuscrits qu’elle consulte, Farge signale un des non-dits de l’histoire. En creux, elle montre ce que pourrait être un texte où l’historien ne présenterait pas que les résultats de son enquête, mais ferait une place au déroulement de celle-ci.

Arlette Farge, in Le Goût de l’archive, describes the documents that she uses and the places where she conducts her research. But she eliminates everything « personal » : she does not recount her career, says nothing about her private life, and even suppresses all signs of her « I ». Some important issues are at stake here. Firstly, Le Goût de l’archive can be viewed as a reflexion about the historians’ propension to tell their lives ; Farge rejects the assumption that underlies her colleagues career narratives, namely, that a researcher’s scholarly success makes his/her life interesting and « tellable ». Furthermore, the book implies a commentary about some of the conventions of writing that shape historical discourse. Farge, by discarding the first person in a text where she was entitled to use it, points to the problem of displaying one’s « subjectivity » in that discourse. Finally, by writing a whole book about libraries and documents, Farge exposes one of the blind spots of history. Indirectly, she shows what historical texts could be like if researchers did not focus on results exclusively, but also told about the process of their investigations

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