Aspects de la délégation de parole dans le documentaire télévisuel
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2010.
Ressources en ligne : Abrégé : Le portrait littéraire conçu dans un cadre audiovisuel repose ordinairement sur un schéma narratif qui retrace, en images, la biographie d’un écrivain tout en évoquant ses ouvrages marquants. À la voix off du narrateur, anonyme ou non, s’ajoutent des interventions de personnalités (journalistes, exégètes, proches, etc.) qui par leur témoignage donnent corps à cette dialectique de « l’homme et l’œuvre » afin de faire accéder le spectateur aux arcanes de la production et de l’histoire littéraires. Lus par une voix sans visage, des textes peuvent aussi s’afficher à l’écran, sous leur aspect manuscrit ou typographique. Si l’hétérogénéité plurisémiotique du documentaire ne risque pas de brouiller la réception, c’est parce que la figure de l’écrivain suffit à assurer la continuité référentielle du discours encadrant. Mais ne convient-il pas de considérer le réalisateur lui-même comme l’instance suprême qui, distribuant tacitement les tours de parole, en gère aussi la médiatisation et la circulation ? Rien de tel que son effacement énonciatif pour imposer un point de vue surplombant.On examine ici le cas de la série Un siècle d’écrivains, diffusée chaque semaine sur France 3 de 1996 à 2001. La stéréotypie (auto)parodique du dernier volet, consacré à un auteur fictif, met en évidence une grille d’analyse critique de ce genre composite, avec ses inserts iconiques, ses artifices polyphoniques, ses topoï scénographiques à visée tant expositive que persuasive.
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Le portrait littéraire conçu dans un cadre audiovisuel repose ordinairement sur un schéma narratif qui retrace, en images, la biographie d’un écrivain tout en évoquant ses ouvrages marquants. À la voix off du narrateur, anonyme ou non, s’ajoutent des interventions de personnalités (journalistes, exégètes, proches, etc.) qui par leur témoignage donnent corps à cette dialectique de « l’homme et l’œuvre » afin de faire accéder le spectateur aux arcanes de la production et de l’histoire littéraires. Lus par une voix sans visage, des textes peuvent aussi s’afficher à l’écran, sous leur aspect manuscrit ou typographique. Si l’hétérogénéité plurisémiotique du documentaire ne risque pas de brouiller la réception, c’est parce que la figure de l’écrivain suffit à assurer la continuité référentielle du discours encadrant. Mais ne convient-il pas de considérer le réalisateur lui-même comme l’instance suprême qui, distribuant tacitement les tours de parole, en gère aussi la médiatisation et la circulation ? Rien de tel que son effacement énonciatif pour imposer un point de vue surplombant.On examine ici le cas de la série Un siècle d’écrivains, diffusée chaque semaine sur France 3 de 1996 à 2001. La stéréotypie (auto)parodique du dernier volet, consacré à un auteur fictif, met en évidence une grille d’analyse critique de ce genre composite, avec ses inserts iconiques, ses artifices polyphoniques, ses topoï scénographiques à visée tant expositive que persuasive.




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