“I have roots on both sides”: Kali’na people’s mobility in the cross-border region of the lower Maroni River since the 1950s
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2025.
Ressources en ligne : Abrégé : The Kali’na are an Indigenous, Carib-speaking people settled along the Guiana coast between Venezuela and Brazil. European colonization and the creation of modern borders fragmented their ancestral territory, particularly affecting those communities along the Lower Maroni River, which today marks the official border between Suriname and French Guiana, an overseas department of France. While the river functions as a political border between these two states, Kali’na people experience it as a connective space linking families, places, and histories. For centuries, Kali’na communities have developed a way of life based on networks of matrimonial alliances, collective land ownership, shamanic cosmovision and mobility. Their mobility has created a multi-sited way of inhabiting space that challenges state control of territory and has enabled them to adapt to the world’s most dynamic muddy coastal environment. Since the mid-20th century, sedentarization pressures have grown as Kali’na communities became citizens of nation-states. Yet their mobility persists within and beyond the Lower Maroni region and remains central to cultural continuity and resilience. Drawing on recent ethno-geographic research, this article highlights how Kali’na mobility encompasses intertwined and overlapping experiences in which the coast, rivers, social networks and political contexts simultaneously function as both supports and drivers of circulation. People’s lives are paced by periods of voluntary and involuntary mobility, making movement a defining and enduring feature of Kali’na existence and reinforcing an underlying common experience of mobility.Abrégé : Les Kali’na forment un peuple autochtone de langue caribe installé le long des côtes des Guyanes entre le Venezuela et le Brésil. La colonisation européenne et l’établissement de frontières modernes ont fragmenté leur territoire ancestral, affectant tout particulièrement les communautés kali’na du Bas-Maroni, où le fleuve constitue aujourd’hui la frontière officielle entre le Suriname et la Guyane française, un département français d’outre-mer. Si le fleuve fonctionne comme une limite politique, les Kali’na l’expérimentent avant tout comme un espace de liaison reliant leurs familles, des lieux et des histoires. Durant des siècles, les Kali’na ont développé un mode de vie fondé sur des réseaux d’alliances matrimoniales, une gestion collective des terres, une cosmovision chamanique et une mobilité constante. Cette mobilité a façonné un mode d’habiter polytopique, qui remet en question le contrôle étatique des territoires et leur a permis de s’adapter au littoral vaseux le plus dynamique au monde. À partir du milieu du XXe siècle, diverses transformations liées en partie à la sédentarisation se sont renforcées avec l’assimilation des Kali’na dans les États-nations. Pourtant, leurs déplacements demeurent toujours aussi importants dans leur mode d’habiter, à l’intérieur comme au-delà de la région du Bas-Maroni. Cette mobilité reste essentielle à la continuité culturelle et à la résilience collective. Basé sur des recherches ethnogéographiques récentes, cet article montre que la mobilité kali’na résulte d’expériences enchevêtrées où littoral, cours d’eau, réseaux sociaux et contextes politiques agissent simultanément comme supports et moteurs des circulations. Les déplacements des Kali’na sont rythmés par des périodes de mouvements volontaires ou contraints, faisant de la mobilité une caractéristique durable et structurante de leur mode d’habiter. citer cet article Jean-Jacques, Marquisar. 2025. « “I have roots on both sides”: Kali’na people’s mobility in the cross-border region of the lower Maroni River since the 1950s ». Nomopolis 3
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The Kali’na are an Indigenous, Carib-speaking people settled along the Guiana coast between Venezuela and Brazil. European colonization and the creation of modern borders fragmented their ancestral territory, particularly affecting those communities along the Lower Maroni River, which today marks the official border between Suriname and French Guiana, an overseas department of France. While the river functions as a political border between these two states, Kali’na people experience it as a connective space linking families, places, and histories. For centuries, Kali’na communities have developed a way of life based on networks of matrimonial alliances, collective land ownership, shamanic cosmovision and mobility. Their mobility has created a multi-sited way of inhabiting space that challenges state control of territory and has enabled them to adapt to the world’s most dynamic muddy coastal environment. Since the mid-20th century, sedentarization pressures have grown as Kali’na communities became citizens of nation-states. Yet their mobility persists within and beyond the Lower Maroni region and remains central to cultural continuity and resilience. Drawing on recent ethno-geographic research, this article highlights how Kali’na mobility encompasses intertwined and overlapping experiences in which the coast, rivers, social networks and political contexts simultaneously function as both supports and drivers of circulation. People’s lives are paced by periods of voluntary and involuntary mobility, making movement a defining and enduring feature of Kali’na existence and reinforcing an underlying common experience of mobility.
Les Kali’na forment un peuple autochtone de langue caribe installé le long des côtes des Guyanes entre le Venezuela et le Brésil. La colonisation européenne et l’établissement de frontières modernes ont fragmenté leur territoire ancestral, affectant tout particulièrement les communautés kali’na du Bas-Maroni, où le fleuve constitue aujourd’hui la frontière officielle entre le Suriname et la Guyane française, un département français d’outre-mer. Si le fleuve fonctionne comme une limite politique, les Kali’na l’expérimentent avant tout comme un espace de liaison reliant leurs familles, des lieux et des histoires. Durant des siècles, les Kali’na ont développé un mode de vie fondé sur des réseaux d’alliances matrimoniales, une gestion collective des terres, une cosmovision chamanique et une mobilité constante. Cette mobilité a façonné un mode d’habiter polytopique, qui remet en question le contrôle étatique des territoires et leur a permis de s’adapter au littoral vaseux le plus dynamique au monde. À partir du milieu du XXe siècle, diverses transformations liées en partie à la sédentarisation se sont renforcées avec l’assimilation des Kali’na dans les États-nations. Pourtant, leurs déplacements demeurent toujours aussi importants dans leur mode d’habiter, à l’intérieur comme au-delà de la région du Bas-Maroni. Cette mobilité reste essentielle à la continuité culturelle et à la résilience collective. Basé sur des recherches ethnogéographiques récentes, cet article montre que la mobilité kali’na résulte d’expériences enchevêtrées où littoral, cours d’eau, réseaux sociaux et contextes politiques agissent simultanément comme supports et moteurs des circulations. Les déplacements des Kali’na sont rythmés par des périodes de mouvements volontaires ou contraints, faisant de la mobilité une caractéristique durable et structurante de leur mode d’habiter. citer cet article Jean-Jacques, Marquisar. 2025. « “I have roots on both sides”: Kali’na people’s mobility in the cross-border region of the lower Maroni River since the 1950s ». Nomopolis 3




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