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Éduquer autrement ou périr : le défi de l’éducation pour le continent africain

Par : Contributeur(s) : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2026. Ressources en ligne : Abrégé : En regardant l’éducation à partir du champ politique, la démocratie est un horizon qui s’impose, mais requiert une culture, transmise par l’éducation. Cela ne va pas de soi en Afrique. La colonisation a projeté sur les sociétés la philosophie des droits de l’homme, supposant que l’individu africain deviendrait citoyen, libre de parole, de pensée, d’expression. Or les modèles endogènes survivent au modèle importé, la parole ne s’y libère que de façon codifiée. En Afrique, l’école ne change pas son modèle dans un monde qui change. Cela incite à lutter contre les complexes hérités du colonialisme, à se dégager du mimétisme institutionnel (l’école transmet les valeurs, la sécurité sociale protège l’individu, etc.) et à décoloniser les imaginaires. Quand l’État n’assure pas la protection sociale, le recours à la communauté (famille, coreligionnaires, cercles ethniques, etc.), à la solidarité est essentiel. Dans les sociétés africaines, l’école produit et reproduit massivement des inégalités. Elle est décalée, à plusieurs vitesses : celle des pauvres, souvent publique, avec des classes de soixante où seuls quelques-uns s’en sortent ; l’école privée, dont le coût est lié à la qualité : “Dis-moi où tu as été à l’école, je te dirai quel sera ton avenir”. Les valeurs véhiculées par l’école font face à la fois aux sociabilités dites traditionnelles et aux réseaux sociaux, canaux incontrôlés de références et de cercles de sociabilité virtuelle. Les jeunes montrent que l’école n’est pas la seule voie d’accès aux connaissances, aux compétences et au revenu. Le net, le smartphone révolutionnent le travail, ouvrent la possibilité de corriger les limites de l’école. L’école de masse n’est pas la solution de l’avenir.Abrégé : When looking at education from a political perspective, democracy is an essential goal, but it requires a culture that is transmitted through education. This is not a given in Africa. Colonisation imposed the philosophy of human rights on societies, assuming that African individuals would become citizens, free to speak, think and express themselves. However, endogenous models have survived the imported model, and freedom of speech has only emerged in a codified manner. In Africa, schools are not changing their model in a changing world. This encourages us to fight against the complexes inherited from colonialism, to break free from institutional mimicry (schools transmitting values, social security protecting individuals, etc.) and to decolonise our imaginations. When the state does not provide social protection, it and solidarity are provided by the community (the family, coreligionists, ethnic circles, etc.). In African societies, schools produce and reproduce inequalities on a massive scale. They operate at different speeds, different levels : those for the poor, often public, with classrooms of sixty where only a few succeed; and private schools, where cost is linked to quality. “Tell me where you went to school, and I’ll tell you what your future will be.” The values conveyed by schools are challenged both by traditional forms of social interaction and by social media, uncontrolled channels of reference and virtual social circles. Young people are demonstrating that schools are not the only pathway to knowledge, skills and income. The Internet and smartphones are revolutionising work and opening up the possibility of overcoming the limitations of school. Mass schooling is not the solution for the future.
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En regardant l’éducation à partir du champ politique, la démocratie est un horizon qui s’impose, mais requiert une culture, transmise par l’éducation. Cela ne va pas de soi en Afrique. La colonisation a projeté sur les sociétés la philosophie des droits de l’homme, supposant que l’individu africain deviendrait citoyen, libre de parole, de pensée, d’expression. Or les modèles endogènes survivent au modèle importé, la parole ne s’y libère que de façon codifiée. En Afrique, l’école ne change pas son modèle dans un monde qui change. Cela incite à lutter contre les complexes hérités du colonialisme, à se dégager du mimétisme institutionnel (l’école transmet les valeurs, la sécurité sociale protège l’individu, etc.) et à décoloniser les imaginaires. Quand l’État n’assure pas la protection sociale, le recours à la communauté (famille, coreligionnaires, cercles ethniques, etc.), à la solidarité est essentiel. Dans les sociétés africaines, l’école produit et reproduit massivement des inégalités. Elle est décalée, à plusieurs vitesses : celle des pauvres, souvent publique, avec des classes de soixante où seuls quelques-uns s’en sortent ; l’école privée, dont le coût est lié à la qualité : “Dis-moi où tu as été à l’école, je te dirai quel sera ton avenir”. Les valeurs véhiculées par l’école font face à la fois aux sociabilités dites traditionnelles et aux réseaux sociaux, canaux incontrôlés de références et de cercles de sociabilité virtuelle. Les jeunes montrent que l’école n’est pas la seule voie d’accès aux connaissances, aux compétences et au revenu. Le net, le smartphone révolutionnent le travail, ouvrent la possibilité de corriger les limites de l’école. L’école de masse n’est pas la solution de l’avenir.

When looking at education from a political perspective, democracy is an essential goal, but it requires a culture that is transmitted through education. This is not a given in Africa. Colonisation imposed the philosophy of human rights on societies, assuming that African individuals would become citizens, free to speak, think and express themselves. However, endogenous models have survived the imported model, and freedom of speech has only emerged in a codified manner. In Africa, schools are not changing their model in a changing world. This encourages us to fight against the complexes inherited from colonialism, to break free from institutional mimicry (schools transmitting values, social security protecting individuals, etc.) and to decolonise our imaginations. When the state does not provide social protection, it and solidarity are provided by the community (the family, coreligionists, ethnic circles, etc.). In African societies, schools produce and reproduce inequalities on a massive scale. They operate at different speeds, different levels : those for the poor, often public, with classrooms of sixty where only a few succeed; and private schools, where cost is linked to quality. “Tell me where you went to school, and I’ll tell you what your future will be.” The values conveyed by schools are challenged both by traditional forms of social interaction and by social media, uncontrolled channels of reference and virtual social circles. Young people are demonstrating that schools are not the only pathway to knowledge, skills and income. The Internet and smartphones are revolutionising work and opening up the possibility of overcoming the limitations of school. Mass schooling is not the solution for the future.

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