Économies domestiques à l’ère de la polycrise : pouvoir d’achat et classe moyenne dans une ville de province grecque
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2026.
Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Cet article porte sur les stratégies adoptées face à la polycrise actuelle par trois ménages dans une ville de province en Grèce occidentale. L’analyse prend appui sur une conception relationnelle et synthétique de la notion de « classe moyenne » qui prend en compte aussi bien les diverses définitions des acteurs sociaux que les rapports de pouvoir structurels plus larges qui façonnent ces définitions. Les ménages urbains avancent en effet différents critères pour être identifiés à cette dernière, à savoir la propriété immobilière, le fonctionnariat ou la consommation. Comme le suggère notre analyse, la consommation et la démonstration du pouvoir d’achat, même restreint, servent en dernier ressort à la participation à la classe moyenne, quand on a perdu toutes les autres possibilités de s’y inscrire. Le pouvoir d’achat est alors abordé non pas seulement comme un indice économique, mais aussi comme un élément d’une identité individuelle et collective qui se trouve en pleine redéfinition dans un moment de restructuration socio-économique. Par ailleurs, cette quête de la sauvegarde de leur statut social conduit les ménages à une conformité vis-à-vis des transformations globales actuelles qui, le plus souvent, ne font qu’aggraver leur situation.Abrégé : This article investigates the strategies employed by three households in a provincial town in western Greece as they navigate the ongoing polycrisis. The analysis draws on a relational and synthetic understanding of the middle class, considering both the diverse definitions mobilized by social actors and the broader structural power relations that inform these definitions. Urban households articulate different criteria for middle-class identification, primarely homeownership, employment in the civil service, and consumption practices. Our findings suggest that consumption, particularly the display of purchasing power, functions as a final means of claiming membership in the middle class when other avenues of belonging have been exhausted. In this context, purchasing power is understood not solely as an economic indicator, but also as an element of individual and collective identity undergoing reconfigurations during a period of socio-economic restructuring. Furthermore, the effort to preserve social status compels households to align themselves with contemporary global transformations that, often, tend to exacerbate their socio-economic vulnerability.
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Cet article porte sur les stratégies adoptées face à la polycrise actuelle par trois ménages dans une ville de province en Grèce occidentale. L’analyse prend appui sur une conception relationnelle et synthétique de la notion de « classe moyenne » qui prend en compte aussi bien les diverses définitions des acteurs sociaux que les rapports de pouvoir structurels plus larges qui façonnent ces définitions. Les ménages urbains avancent en effet différents critères pour être identifiés à cette dernière, à savoir la propriété immobilière, le fonctionnariat ou la consommation. Comme le suggère notre analyse, la consommation et la démonstration du pouvoir d’achat, même restreint, servent en dernier ressort à la participation à la classe moyenne, quand on a perdu toutes les autres possibilités de s’y inscrire. Le pouvoir d’achat est alors abordé non pas seulement comme un indice économique, mais aussi comme un élément d’une identité individuelle et collective qui se trouve en pleine redéfinition dans un moment de restructuration socio-économique. Par ailleurs, cette quête de la sauvegarde de leur statut social conduit les ménages à une conformité vis-à-vis des transformations globales actuelles qui, le plus souvent, ne font qu’aggraver leur situation.
This article investigates the strategies employed by three households in a provincial town in western Greece as they navigate the ongoing polycrisis. The analysis draws on a relational and synthetic understanding of the middle class, considering both the diverse definitions mobilized by social actors and the broader structural power relations that inform these definitions. Urban households articulate different criteria for middle-class identification, primarely homeownership, employment in the civil service, and consumption practices. Our findings suggest that consumption, particularly the display of purchasing power, functions as a final means of claiming membership in the middle class when other avenues of belonging have been exhausted. In this context, purchasing power is understood not solely as an economic indicator, but also as an element of individual and collective identity undergoing reconfigurations during a period of socio-economic restructuring. Furthermore, the effort to preserve social status compels households to align themselves with contemporary global transformations that, often, tend to exacerbate their socio-economic vulnerability.




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