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Le pouvoir d’achat saisi par les émeutes : démocratisation et promesses d’une consommation « pour tous » en Afrique du Sud

Par : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2026. Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : En juillet 2021, des émeutes ont secoué la ville de Durban et sa région : elles constituent le point de départ d’une analyse sur le rapport des Sud-Africains au pouvoir d’achat et à la consommation. Ces dix jours de pillages font écho à la vulnérabilité économique des classes populaires et moyennes, exacerbée par la pandémie, le chômage de masse et l’interruption des allocations Covid-19. Les réactions des habitants montrent une économie morale contrastée : certains pillent, tandis que d’autres condamnent ces actes. Les discours recueillis révèlent la dimension morale des conduites économiques et la manière dont les positions raciales et sociales se rejouent dans ces troubles. L’accès à la consommation apparaît ici comme un enjeu politique : depuis 1994 et la fin de l’apartheid, la démocratie sud-africaine s’est bâtie sur la promesse d’accorder à tous un pouvoir d’achat, un pouvoir de consommer présenté comme une forme d’émancipation sociale et économique ; mais cela ne concerne en réalité qu’une minorité, dans un pays où les inégalités restent parmi les plus fortes au monde. L’autrice replace ces dynamiques dans une histoire longue : pendant la colonisation et l’apartheid, la consommation a été encadrée et hiérarchisée sur la base de critères raciaux ; aujourd’hui, le pouvoir d’achat dépend du travail salarié, souvent informel, précaire ou mal payé, ainsi que des prestations sociales, essentielles mais insuffisantes. Le recours au crédit, largement utilisé, offre un accès temporaire à la consommation au prix d’un fort endettement. À l’évidence, la promesse démocratique d’une consommation « pour tous » peine à se réaliser, et les émeutes témoignent autant de la défiance de la population envers les gouvernants que de la persistance de tensions raciales, rappelant que le pouvoir d’achat en Afrique du Sud demeure profondément politique et historique.Abrégé : ‪In July 2021, riots shook Durban : they constitute the author’s starting point in her analysis of South Africans’ relationship to purchasing power and consumption. These ten days of looting exposed the economic vulnerability of the working and middle classes, which was exacerbated by the ongoing pandemic, mass unemployment, and the abrupt end of Covid-19 grants. Residents’ reactions revealed a contrasting moral values, with some engaging in looting and others condemning it on moral grounds. The narratives depict how racial and social positions were reactivated during the unrest. Access to consumption clearly appears as a political issue. Since 1994, South Africa’s democracy has promised greater access to purchasing power and consumption. But in reality, this promise concerns only a minority, in a country where inequalities remain among the highest in the world. The author contextualises these contemporary realities within a longer historical trajectory, highlighting the role of racial categorisation in shaping consumption patterns during colonisation and apartheid, consumption was regulated and hierarchized based on racial criteria. Today, purchasing power depends precariously on salaried work – often informal or poorly paid – and on social grants, which provide a crucial but inadequate safety net. Credit, a common tool for accessing immediate consumption, comes at the cost of mounting debt. The democratic promise of consumption « for all » struggles to materialise, and the riots reveal the widening gap between this promise and reality. They reflect widespread distrust toward political leaders and the persistence of racial tensions, reminding us that purchasing power in South Africa remains a deeply political and historical issue.‪
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En juillet 2021, des émeutes ont secoué la ville de Durban et sa région : elles constituent le point de départ d’une analyse sur le rapport des Sud-Africains au pouvoir d’achat et à la consommation. Ces dix jours de pillages font écho à la vulnérabilité économique des classes populaires et moyennes, exacerbée par la pandémie, le chômage de masse et l’interruption des allocations Covid-19. Les réactions des habitants montrent une économie morale contrastée : certains pillent, tandis que d’autres condamnent ces actes. Les discours recueillis révèlent la dimension morale des conduites économiques et la manière dont les positions raciales et sociales se rejouent dans ces troubles. L’accès à la consommation apparaît ici comme un enjeu politique : depuis 1994 et la fin de l’apartheid, la démocratie sud-africaine s’est bâtie sur la promesse d’accorder à tous un pouvoir d’achat, un pouvoir de consommer présenté comme une forme d’émancipation sociale et économique ; mais cela ne concerne en réalité qu’une minorité, dans un pays où les inégalités restent parmi les plus fortes au monde. L’autrice replace ces dynamiques dans une histoire longue : pendant la colonisation et l’apartheid, la consommation a été encadrée et hiérarchisée sur la base de critères raciaux ; aujourd’hui, le pouvoir d’achat dépend du travail salarié, souvent informel, précaire ou mal payé, ainsi que des prestations sociales, essentielles mais insuffisantes. Le recours au crédit, largement utilisé, offre un accès temporaire à la consommation au prix d’un fort endettement. À l’évidence, la promesse démocratique d’une consommation « pour tous » peine à se réaliser, et les émeutes témoignent autant de la défiance de la population envers les gouvernants que de la persistance de tensions raciales, rappelant que le pouvoir d’achat en Afrique du Sud demeure profondément politique et historique.

‪In July 2021, riots shook Durban : they constitute the author’s starting point in her analysis of South Africans’ relationship to purchasing power and consumption. These ten days of looting exposed the economic vulnerability of the working and middle classes, which was exacerbated by the ongoing pandemic, mass unemployment, and the abrupt end of Covid-19 grants. Residents’ reactions revealed a contrasting moral values, with some engaging in looting and others condemning it on moral grounds. The narratives depict how racial and social positions were reactivated during the unrest. Access to consumption clearly appears as a political issue. Since 1994, South Africa’s democracy has promised greater access to purchasing power and consumption. But in reality, this promise concerns only a minority, in a country where inequalities remain among the highest in the world. The author contextualises these contemporary realities within a longer historical trajectory, highlighting the role of racial categorisation in shaping consumption patterns during colonisation and apartheid, consumption was regulated and hierarchized based on racial criteria. Today, purchasing power depends precariously on salaried work – often informal or poorly paid – and on social grants, which provide a crucial but inadequate safety net. Credit, a common tool for accessing immediate consumption, comes at the cost of mounting debt. The democratic promise of consumption « for all » struggles to materialise, and the riots reveal the widening gap between this promise and reality. They reflect widespread distrust toward political leaders and the persistence of racial tensions, reminding us that purchasing power in South Africa remains a deeply political and historical issue.‪

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