Series policieres et strategies de programmation
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2001.
Ressources en ligne : Abrégé : Le réalisme, qui a revêtu de nombreux habits au cours de l’histoire, a fait retour une nouvelle fois avec les séries policières françaises (PJ, Police District, etc.). Sur quoi repose cette promesse marketing des chaînes et quel en serait le gain symbolique pour le téléspectateur ? La première réponse provient de la confrontation de la définition du réalisme selon les chaînes (telle qu’elle se dégage de leurs discours) et de l’étude des programmes. Il en ressort que ce prétendu mimétisme a moins pour fonction de faire connaître un monde à son spectateur (comme celui de Zola), de l’informer, que de le confirmer dans ses préoccupations quotidiennes. Il facilite d’abord la rapidité d’accès au monde imaginaire qu’est la fiction, son accessibilité. Une analyse des séries montre, en second lieu, que la différence entre les nouvelles séries et les séries classiques (Une Femme d’honneur, Navarro, Julie Lescaut) réside plutôt en une opposition entre deux modes mimétiques : les séries à mode mimétique bas (avec des héros égaux aux autres êtres humains et qui privilégient des groupes-héros : un commissariat) et les séries à mode mimétique élevé (qui mettent en scène des héros supérieurs en degré aux autres hommes). Ces deux modes, qui impliquent des relations différentes à l’espace et au temps, répondent à des stratégies de programmation différentes : stratégies de l’exemplum, de la fabula et de la feintise. Ainsi, certaines séries policières ont poursuivi sur le terrain de la fiction la promesse de quotidienneté des reality shows, sans pour autant battre en brèche cet appel du héros des séries à mode mimétique élevé, qui ont encore de beaux jours devant elles.Abrégé : DETECTIVE SERIES AND PROGRAMMING STRATEGIES Realism, which has come in various forms throughout history, has made a new comeback with French detective series. On what is this marketing promise of TV channels based and what is TV viewers’ symbolic gain likely to be? The first answer is obtained by comparing each channel’s definition of realism, in their discourse, and by analysing their programmes. It emerges that this supposed imitation is intended less to make viewers’ familiar with a world (like that of Zola), in other words, to inform them, th n to confirm their daily preoccupations. Above all, it facilitates the accessibility of the imaginary world of fiction. An analysis of these series shows, secondly, that the difference between new and traditional series lies essentially in an opposition between two mimetic modes: series with a low mimetic mode (with group-heroes who are equal to other human beings, e.g. a police station) and series with a high mimetic mode (with heroes who are superior to other humans). These two modes, with different relations to time and space, correspond to different programming strategies: exemplum, fabula and feint. Some detective series have maintained, in the world of fiction, the everyday nature of reality shows, without however demolishing the hero’s appeal of series with a high mimetic mode, which still have a bright future.
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Le réalisme, qui a revêtu de nombreux habits au cours de l’histoire, a fait retour une nouvelle fois avec les séries policières françaises (PJ, Police District, etc.). Sur quoi repose cette promesse marketing des chaînes et quel en serait le gain symbolique pour le téléspectateur ? La première réponse provient de la confrontation de la définition du réalisme selon les chaînes (telle qu’elle se dégage de leurs discours) et de l’étude des programmes. Il en ressort que ce prétendu mimétisme a moins pour fonction de faire connaître un monde à son spectateur (comme celui de Zola), de l’informer, que de le confirmer dans ses préoccupations quotidiennes. Il facilite d’abord la rapidité d’accès au monde imaginaire qu’est la fiction, son accessibilité. Une analyse des séries montre, en second lieu, que la différence entre les nouvelles séries et les séries classiques (Une Femme d’honneur, Navarro, Julie Lescaut) réside plutôt en une opposition entre deux modes mimétiques : les séries à mode mimétique bas (avec des héros égaux aux autres êtres humains et qui privilégient des groupes-héros : un commissariat) et les séries à mode mimétique élevé (qui mettent en scène des héros supérieurs en degré aux autres hommes). Ces deux modes, qui impliquent des relations différentes à l’espace et au temps, répondent à des stratégies de programmation différentes : stratégies de l’exemplum, de la fabula et de la feintise. Ainsi, certaines séries policières ont poursuivi sur le terrain de la fiction la promesse de quotidienneté des reality shows, sans pour autant battre en brèche cet appel du héros des séries à mode mimétique élevé, qui ont encore de beaux jours devant elles.
DETECTIVE SERIES AND PROGRAMMING STRATEGIES Realism, which has come in various forms throughout history, has made a new comeback with French detective series. On what is this marketing promise of TV channels based and what is TV viewers’ symbolic gain likely to be? The first answer is obtained by comparing each channel’s definition of realism, in their discourse, and by analysing their programmes. It emerges that this supposed imitation is intended less to make viewers’ familiar with a world (like that of Zola), in other words, to inform them, th n to confirm their daily preoccupations. Above all, it facilitates the accessibility of the imaginary world of fiction. An analysis of these series shows, secondly, that the difference between new and traditional series lies essentially in an opposition between two mimetic modes: series with a low mimetic mode (with group-heroes who are equal to other human beings, e.g. a police station) and series with a high mimetic mode (with heroes who are superior to other humans). These two modes, with different relations to time and space, correspond to different programming strategies: exemplum, fabula and feint. Some detective series have maintained, in the world of fiction, the everyday nature of reality shows, without however demolishing the hero’s appeal of series with a high mimetic mode, which still have a bright future.




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