Fantômes en maternité : deuil et procréation
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2026.
Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : La perte d’un enfant en période périnatale confronte les parents aux équipes médicales dans un moment de forte charge émotionnelle qui peut mettre en péril leur équilibre psychique. À partir des années 1980, l’évolution des pratiques soignantes autour du deuil a montré qu’une présence attentive et coordonnée des soignants autour des couples pouvait les aider à reconstruire leur sentiment de sécurité. Nous présentons ici le cas singulier d’une mère consultant, 6 ans après la perte d’un nouveau-né, au titre des réactions violentes de l’enfant d’après. À travers ce cas, nous illustrons d’une part comment ce qui n’est pas exprimé au cours des interactions avec les soignants, ni dans les échanges avec l’enfant, peut impacter son développement, et d’autre part comment il est possible, après coup, de mobiliser les séquelles post-traumatiques. Dans le cadre d’une psychothérapie, la possibilité de revoir les professionnels impliqués peut notamment resynchroniser la mémoire chez une mère perdue et confuse, et permettre une nouvelle circulation de la parole au sein de la famille. L’histoire personnelle des parents, les particularités dans les modes d’attachement transgénérationnels, et enfin les décalages perçus par la mère dans ses rencontres avec les acteurs de soins rappellent que chaque histoire singulière peut échapper à la vigilance des soignants, mais aussi être remobilisée au travers d’une approche interprofessionnelle coordonnée.Abrégé : The loss of a child during the perinatal period confronts parents with medical teams at a time of intense emotional stress that can jeopardise their mental well-being. Since the 1980s, changes in healthcare practices surrounding bereavement have shown that attentive and coordinated support from healthcare professionals can help couples rebuild their sense of security. Here we present the unique case of a mother who consulted six years after the loss of a newborn due to violent reactions in her subsequent child. Through this case, we illustrate, on the one hand, how what is not expressed during interactions with caregivers or in exchanges with the child can impact their development and, on the other hand, how it is possible, after the fact, to address post-traumatic sequelae. In the context of psychotherapy, the opportunity to see the professionals involved can help to resynchronise the memory of a lost and confused mother and allow communication to flow again within the family. The parents’ personal history, the particularities of transgenerational attachment patterns, and finally the discrepancies perceived by the mother in her encounters with healthcare professionals remind us that each unique story can escape the vigilance of caregivers but can also be reactivated through a coordinated interprofessional approach.
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La perte d’un enfant en période périnatale confronte les parents aux équipes médicales dans un moment de forte charge émotionnelle qui peut mettre en péril leur équilibre psychique. À partir des années 1980, l’évolution des pratiques soignantes autour du deuil a montré qu’une présence attentive et coordonnée des soignants autour des couples pouvait les aider à reconstruire leur sentiment de sécurité. Nous présentons ici le cas singulier d’une mère consultant, 6 ans après la perte d’un nouveau-né, au titre des réactions violentes de l’enfant d’après. À travers ce cas, nous illustrons d’une part comment ce qui n’est pas exprimé au cours des interactions avec les soignants, ni dans les échanges avec l’enfant, peut impacter son développement, et d’autre part comment il est possible, après coup, de mobiliser les séquelles post-traumatiques. Dans le cadre d’une psychothérapie, la possibilité de revoir les professionnels impliqués peut notamment resynchroniser la mémoire chez une mère perdue et confuse, et permettre une nouvelle circulation de la parole au sein de la famille. L’histoire personnelle des parents, les particularités dans les modes d’attachement transgénérationnels, et enfin les décalages perçus par la mère dans ses rencontres avec les acteurs de soins rappellent que chaque histoire singulière peut échapper à la vigilance des soignants, mais aussi être remobilisée au travers d’une approche interprofessionnelle coordonnée.
The loss of a child during the perinatal period confronts parents with medical teams at a time of intense emotional stress that can jeopardise their mental well-being. Since the 1980s, changes in healthcare practices surrounding bereavement have shown that attentive and coordinated support from healthcare professionals can help couples rebuild their sense of security. Here we present the unique case of a mother who consulted six years after the loss of a newborn due to violent reactions in her subsequent child. Through this case, we illustrate, on the one hand, how what is not expressed during interactions with caregivers or in exchanges with the child can impact their development and, on the other hand, how it is possible, after the fact, to address post-traumatic sequelae. In the context of psychotherapy, the opportunity to see the professionals involved can help to resynchronise the memory of a lost and confused mother and allow communication to flow again within the family. The parents’ personal history, the particularities of transgenerational attachment patterns, and finally the discrepancies perceived by the mother in her encounters with healthcare professionals remind us that each unique story can escape the vigilance of caregivers but can also be reactivated through a coordinated interprofessional approach.




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