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La fraise de Huelva nourrit l’Europe et aussi les enfants des femmes du Maroc. Une double injustice reproductive et spatiale dans un contexte de capitalisme racial

Par : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2026. Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Cet article s’intéresse à la migration saisonnière des femmes marocaines vers l’Espagne, dans le cadre du programme de migration circulaire mis en place pour répondre aux besoins de main-d’œuvre du secteur agricole, en particulier dans les plantations de fraises de la province de Huelva, en Andalousie. Cette migration profite à l’Espagne pour sa production de fraises qu’elle exporte ensuite vers les marchés européens, tandis que le Maroc cherche à améliorer la situation économique de ces femmes et de leurs enfants. Cette migration entraîne la fabrique d’un espace géographique contraint, assimilé à une enclave ethnique, des discriminations systématiques et une rupture familiale, car le programme privilégie les femmes avec enfants pour garantir leur retour au pays. Leur maternité est utilisée comme critère de sélection, mais n’est ni reconnue ni protégée dans les faits. L’article propose une analyse critique de cette migration féminine à partir d’une double injustice : reproductive et spatiale. Les deux dimensions, rarement articulées ensemble, permettent ici de rendre compte de la manière dont les rapports sociaux de genre, de classe, de race et de statut migratoire se croisent et structurent l’expérience de ces femmes dans un contexte mondialisé. Ces injustices s’inscrivent également dans les logiques du capitalisme racial, où la valeur économique est extraite de corps féminins racialisés, tout en les maintenant dans la précarité. L’analyse féministe et intersectionnelle met en lumière les rapports de pouvoir qui façonnent cette migration.Abrégé : This article examines the seasonal migration of Moroccan women to Spain within a circular migration program designed to meet agricultural labor demands, particularly on strawberry farms in Huelva, Andalusia. While this migration benefits the Spanish strawberry industry, which exports to European markets, it is also framed as a means for Morocco to improve the economic situation of Moroccan women and their children. In practice, however, the program produces a constrained geographical space resembling an ethnic enclave, perpetuates systemic discrimination, and disrupts family life, as women with children are prioritized in recruitment to ensure their return to Morocco. Motherhood is thus used as a selection criterion, yet it is neither formally recognized nor protected in practice. The article offers a critical analysis of this gendered migration through the lens of reproductive and spatial injustices. In considering these rarely juxtaposed dimensions together, it illuminates how gender, class, race, and migration status intersect to shape these women’s experiences in the context of globalization. These injustices are also central to the logic of racial capitalism, which extracts economic value from racialized female bodies while maintaining their precarity. A feminist and intersectional approach highlights the power relations that inform this migration.Abrégé : Este artículo examina la migración estacional de mujeres marroquíes hacia España, dentro del marco del programa de migración circular diseñado para cubrir las necesidades de mano de obra del sector agrícola, particularmente en las plantaciones de fresas de la provincia de Huelva, en Andalucía. Esta migración beneficia a España al garantizar la producción de fresas para los mercados europeos, mientras que Marruecos busca mejorar la situación económica de estas mujeres y de sus hijos e hijas. Esta migración genera un espacio geográfico restringido, asimilable a un enclave étnico, caracterizado por discriminaciones sistemáticas y de ruptura familiar, ya que prioriza a mujeres con hijos e hijas para asegurar su regreso al país de origen. Su maternidad se utiliza como criterio de selección, pero no es reconocida ni protegida en los hechos. El artículo propone un análisis crítico de esta migración femenina desde la perspectiva de una doble injusticia : reproductiva y espacial. La articulación de ambas dimensiones, poco explorada conjuntamente, permite comprender cómo las relaciones sociales de género, clase, raza y estatus migratorio se intersectan y configuran la experiencia de estas mujeres en un contexto globalizado. Estas injusticias se inscriben en la lógica del capitalismo racial, en la que el valor económico se extrae de cuerpos femeninos racializados, mientras se les mantienen en condiciones de precariedad. El enfoque feminista e interseccional evidencia las relaciones de poder que estructuran esta migración.
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Cet article s’intéresse à la migration saisonnière des femmes marocaines vers l’Espagne, dans le cadre du programme de migration circulaire mis en place pour répondre aux besoins de main-d’œuvre du secteur agricole, en particulier dans les plantations de fraises de la province de Huelva, en Andalousie. Cette migration profite à l’Espagne pour sa production de fraises qu’elle exporte ensuite vers les marchés européens, tandis que le Maroc cherche à améliorer la situation économique de ces femmes et de leurs enfants. Cette migration entraîne la fabrique d’un espace géographique contraint, assimilé à une enclave ethnique, des discriminations systématiques et une rupture familiale, car le programme privilégie les femmes avec enfants pour garantir leur retour au pays. Leur maternité est utilisée comme critère de sélection, mais n’est ni reconnue ni protégée dans les faits. L’article propose une analyse critique de cette migration féminine à partir d’une double injustice : reproductive et spatiale. Les deux dimensions, rarement articulées ensemble, permettent ici de rendre compte de la manière dont les rapports sociaux de genre, de classe, de race et de statut migratoire se croisent et structurent l’expérience de ces femmes dans un contexte mondialisé. Ces injustices s’inscrivent également dans les logiques du capitalisme racial, où la valeur économique est extraite de corps féminins racialisés, tout en les maintenant dans la précarité. L’analyse féministe et intersectionnelle met en lumière les rapports de pouvoir qui façonnent cette migration.

This article examines the seasonal migration of Moroccan women to Spain within a circular migration program designed to meet agricultural labor demands, particularly on strawberry farms in Huelva, Andalusia. While this migration benefits the Spanish strawberry industry, which exports to European markets, it is also framed as a means for Morocco to improve the economic situation of Moroccan women and their children. In practice, however, the program produces a constrained geographical space resembling an ethnic enclave, perpetuates systemic discrimination, and disrupts family life, as women with children are prioritized in recruitment to ensure their return to Morocco. Motherhood is thus used as a selection criterion, yet it is neither formally recognized nor protected in practice. The article offers a critical analysis of this gendered migration through the lens of reproductive and spatial injustices. In considering these rarely juxtaposed dimensions together, it illuminates how gender, class, race, and migration status intersect to shape these women’s experiences in the context of globalization. These injustices are also central to the logic of racial capitalism, which extracts economic value from racialized female bodies while maintaining their precarity. A feminist and intersectional approach highlights the power relations that inform this migration.

Este artículo examina la migración estacional de mujeres marroquíes hacia España, dentro del marco del programa de migración circular diseñado para cubrir las necesidades de mano de obra del sector agrícola, particularmente en las plantaciones de fresas de la provincia de Huelva, en Andalucía. Esta migración beneficia a España al garantizar la producción de fresas para los mercados europeos, mientras que Marruecos busca mejorar la situación económica de estas mujeres y de sus hijos e hijas. Esta migración genera un espacio geográfico restringido, asimilable a un enclave étnico, caracterizado por discriminaciones sistemáticas y de ruptura familiar, ya que prioriza a mujeres con hijos e hijas para asegurar su regreso al país de origen. Su maternidad se utiliza como criterio de selección, pero no es reconocida ni protegida en los hechos. El artículo propone un análisis crítico de esta migración femenina desde la perspectiva de una doble injusticia : reproductiva y espacial. La articulación de ambas dimensiones, poco explorada conjuntamente, permite comprender cómo las relaciones sociales de género, clase, raza y estatus migratorio se intersectan y configuran la experiencia de estas mujeres en un contexto globalizado. Estas injusticias se inscriben en la lógica del capitalismo racial, en la que el valor económico se extrae de cuerpos femeninos racializados, mientras se les mantienen en condiciones de precariedad. El enfoque feminista e interseccional evidencia las relaciones de poder que estructuran esta migración.

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