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L’anthropologie « en alliance ». Parentés, privilèges et parallaxes

Par : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2026. Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Cet article souhaite contribuer à la critique des représentations du « terrain » comme unité de temps et d’espace dissociée de la vie des anthropologues et à la déconstruction des frontières problématiques que cette idée reconduit. Il s’appuie sur l’examen d’un parcours d’« anthropologue en alliance », une notion que j’élabore pour rendre compte des trajectoires de femmes anthropologues nouant, par le canal du mariage ou d’engagements familiaux de longue durée, des liens de multiples natures au sein des espaces sociaux où elles effectuent leurs recherches. L’examen réflexif du statut de « midsider privilégiée » que j’ai occupé durant plusieurs années de vie conjugale et de recherche au Gabon m’amène à mettre en évidence trois angles de répercussion du mariage sur les relations ethnographiques : la parenté, les privilèges et les responsabilités éthiques. Je propose sur cette base la notion de parallaxe comme lunette analytique alternative aux approches basées sur des cloisons illusoires (terrain/vie privée ; insider/outsider ; soi/autre) qui nient l’hétérogénéité et l’épaisseur des engagements noués au cours des recherches de terrain, et comme manière de rendre compte des effets d’optique générés par les multiples positions des chercheur.e.s. J’insiste sur les opérations de changement de perspectives réciproques qu’engendre la parallaxe, conçue comme un révélateur du nœud de relations, de responsabilités éthiques et d’attachements qui imbriquent l’ethnographique dans l’intime et façonnent le cours de l’enquête.Abrégé : ‪This article is an attempt to contribute to the critical deconstruction of representations of the “field” as a unit of time and space dissociated from the anthropologist’s life, and the problematic boundaries that this idea perpetuates. It is based on an examination of the career path of an “in-law anthropologist,” a concept I have developed to describe the trajectories of women anthropologists who, through marriage or long-term family commitments, forge multiple types of ties within the social spaces where they conduct their research. Reflecting on the status of “privileged midsider” that I occupied during several years of married life and research in Gabon leads me to highlight three ways in which marriage affects ethnographic relationships: kinship, privileges and ethical responsibilities. On this basis, I suggest the notion of parallax as an analytical lens that offers an alternative to approaches based on illusory divisions (field/private life; insider/outsider; self/other) that deny the heterogeneity and depth of the commitments made during field research, and as a way of accounting for the optical effects generated by the researcher’s multiple positions. I emphasize the reciprocal changes in perspective engendered by parallax, conceived as a revealer of the web of relationships, ethical responsibilities, and attachments that intertwine the ethnographic with the intimate and shape the course of the fieldwork.‪
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Cet article souhaite contribuer à la critique des représentations du « terrain » comme unité de temps et d’espace dissociée de la vie des anthropologues et à la déconstruction des frontières problématiques que cette idée reconduit. Il s’appuie sur l’examen d’un parcours d’« anthropologue en alliance », une notion que j’élabore pour rendre compte des trajectoires de femmes anthropologues nouant, par le canal du mariage ou d’engagements familiaux de longue durée, des liens de multiples natures au sein des espaces sociaux où elles effectuent leurs recherches. L’examen réflexif du statut de « midsider privilégiée » que j’ai occupé durant plusieurs années de vie conjugale et de recherche au Gabon m’amène à mettre en évidence trois angles de répercussion du mariage sur les relations ethnographiques : la parenté, les privilèges et les responsabilités éthiques. Je propose sur cette base la notion de parallaxe comme lunette analytique alternative aux approches basées sur des cloisons illusoires (terrain/vie privée ; insider/outsider ; soi/autre) qui nient l’hétérogénéité et l’épaisseur des engagements noués au cours des recherches de terrain, et comme manière de rendre compte des effets d’optique générés par les multiples positions des chercheur.e.s. J’insiste sur les opérations de changement de perspectives réciproques qu’engendre la parallaxe, conçue comme un révélateur du nœud de relations, de responsabilités éthiques et d’attachements qui imbriquent l’ethnographique dans l’intime et façonnent le cours de l’enquête.

‪This article is an attempt to contribute to the critical deconstruction of representations of the “field” as a unit of time and space dissociated from the anthropologist’s life, and the problematic boundaries that this idea perpetuates. It is based on an examination of the career path of an “in-law anthropologist,” a concept I have developed to describe the trajectories of women anthropologists who, through marriage or long-term family commitments, forge multiple types of ties within the social spaces where they conduct their research. Reflecting on the status of “privileged midsider” that I occupied during several years of married life and research in Gabon leads me to highlight three ways in which marriage affects ethnographic relationships: kinship, privileges and ethical responsibilities. On this basis, I suggest the notion of parallax as an analytical lens that offers an alternative to approaches based on illusory divisions (field/private life; insider/outsider; self/other) that deny the heterogeneity and depth of the commitments made during field research, and as a way of accounting for the optical effects generated by the researcher’s multiple positions. I emphasize the reciprocal changes in perspective engendered by parallax, conceived as a revealer of the web of relationships, ethical responsibilities, and attachments that intertwine the ethnographic with the intimate and shape the course of the fieldwork.‪

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