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Dire «  à demi-mot le comportement de son mari  »

Par : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2026. Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Dans les témoignages de femmes entendues par les autorités judiciaires du Rhône entre 1880 et la fin des années 1960, une dualité transparaît entre un devoir conjugal que les époux et les épouses se doivent de respecter et des habitudes sexuelles jugées « excessives » ou « vicieuses ». Différents facteurs (volonté de respecter les attendus sociaux, familiaux et conjugaux en termes de sexualité, dépendance financière et présence d’enfants) et contextes d’énonciations (au sein de la famille, de l’entourage, au cours d’une procédure en séparation ou d’une enquête dans le cadre d’un crime) influencent la possibilité d’évoquer des actes sexuels non consentis et violents. Pour analyser ces enjeux, l’article s’appuie sur une étude de sources judiciaires civiles et criminelles analysées par le prisme du genre. Ce corpus permet de saisir, par des moyens détournés, des paroles concernant la sexualité non consentie et violente au sein des couples, à un moment où les violences sexuelles conjugales sont peu envisagées. Les archives judiciaires permettent d’appréhender les tensions entre la régulation qu’entendent exercer les autorités judiciaires – qui ne reconnaissent pas le viol conjugal – et le dicible. Différentes catégories, comme les « rapports sexuels normaux », les « assiduités excessives » ou encore les « désirs bestia[ux] », émergent et sont mobilisées par les femmes, leur permettant de parler de ce qui est a priori indicible, à savoir la violence sexuelle conjugale.Abrégé : In the testimonies of women heard by the Rhône judicial authorities between 1880 and the end of the 1960s, the duality between a marital duty that husbands and wives must respect and sexual habits deemed “excessive” or “vicious” comes to the fore. Various factors (the desire to respect social, family and marital expectations regarding sexuality, financial dependence, and the presence of children) and the contexts in which they are expressed (within the family, among friends, during separation proceedings or during a crime investigation) influence the possibility of speaking about non-consensual and violent sexual acts. To analyse these issues, the article is based on a study of civil and criminal court sources examined through the gender lens. This corpus allows to capture, by indirect means, words concerning forced and violent sexuality within couples, at a time when conjugal sexual violence was rarely acknowledged. The legal archives provide an insight into the tensions between the regulation intended by the judicial authorities—who did not recognise marital rape—and what could be spoken. Various categories, such as “normal sexual relations”, “excessive assiduity” or “bestial desires”, emerged and are mobilised by women, enabling them to talk about what seems unspeakable: domestic sexual violence.
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Dans les témoignages de femmes entendues par les autorités judiciaires du Rhône entre 1880 et la fin des années 1960, une dualité transparaît entre un devoir conjugal que les époux et les épouses se doivent de respecter et des habitudes sexuelles jugées « excessives » ou « vicieuses ». Différents facteurs (volonté de respecter les attendus sociaux, familiaux et conjugaux en termes de sexualité, dépendance financière et présence d’enfants) et contextes d’énonciations (au sein de la famille, de l’entourage, au cours d’une procédure en séparation ou d’une enquête dans le cadre d’un crime) influencent la possibilité d’évoquer des actes sexuels non consentis et violents. Pour analyser ces enjeux, l’article s’appuie sur une étude de sources judiciaires civiles et criminelles analysées par le prisme du genre. Ce corpus permet de saisir, par des moyens détournés, des paroles concernant la sexualité non consentie et violente au sein des couples, à un moment où les violences sexuelles conjugales sont peu envisagées. Les archives judiciaires permettent d’appréhender les tensions entre la régulation qu’entendent exercer les autorités judiciaires – qui ne reconnaissent pas le viol conjugal – et le dicible. Différentes catégories, comme les « rapports sexuels normaux », les « assiduités excessives » ou encore les « désirs bestia[ux] », émergent et sont mobilisées par les femmes, leur permettant de parler de ce qui est a priori indicible, à savoir la violence sexuelle conjugale.

In the testimonies of women heard by the Rhône judicial authorities between 1880 and the end of the 1960s, the duality between a marital duty that husbands and wives must respect and sexual habits deemed “excessive” or “vicious” comes to the fore. Various factors (the desire to respect social, family and marital expectations regarding sexuality, financial dependence, and the presence of children) and the contexts in which they are expressed (within the family, among friends, during separation proceedings or during a crime investigation) influence the possibility of speaking about non-consensual and violent sexual acts. To analyse these issues, the article is based on a study of civil and criminal court sources examined through the gender lens. This corpus allows to capture, by indirect means, words concerning forced and violent sexuality within couples, at a time when conjugal sexual violence was rarely acknowledged. The legal archives provide an insight into the tensions between the regulation intended by the judicial authorities—who did not recognise marital rape—and what could be spoken. Various categories, such as “normal sexual relations”, “excessive assiduity” or “bestial desires”, emerged and are mobilised by women, enabling them to talk about what seems unspeakable: domestic sexual violence.

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