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Transactions généalogiques. Historicités de l’esclavage et fabrique des généalogies familiales au Fouta-Djallon (Guinée)

Par : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2026. Ressources en ligne : Abrégé : Cet article propose de penser l’empreinte laissée par les hiérarchies esclavagistes dans la région du Fouta-Djallon (Guinée) à l’aune des concurrences généalogiques auxquelles se livrent présumés descendants d’esclaves et descendants de libres. Sur le plan théorique, on usera du prisme post-esclavagiste pour comprendre la domination des « grandes familles » peul non pas comme la reproduction du passé, mais comme sa réinvention et sa renégociation au présent. Enquêter sur ses ancêtres, confectionner la généalogie de sa lignée, la mettre en scène dans l’espace social sont autant de moyens de légitimation et d’assimilation des élites locales autour de l’ancienne aristocratie peul. Ces transactions généalogiques sont par ailleurs un moyen de classer et d’exclure les subalternes qui ne peuvent se revendiquer d’une quelconque ascendance libre, même bricolée, et qui trouvent dans une revendication d’autochtonie le support d’un prestige généalogique alternatif à celui de l’élite peul.Abrégé : This article seeks to reflect on the legacy of slave hierarchies in the Fouta-Djallon region (Guinea), through the lens of genealogical rivalries between presumed descendants of enslaved people and descendants of free people. On a theoretical level, it employs a post-slavery framework to understand the dominance of Fulani “great families” not as a reproduction of the past, but as its reinvention and renegotiation in the present. Investigating one’s ancestors, crafting a genealogy, and staging it in the social space are means for local elites to acquire legitimization and assimilation around the former Fulani aristocracy. These genealogical transactions also serve to classify and exclude subaltern groups who cannot claim any free ancestry — even a constructed one — and who turn instead to claims of autochthony as an alternative source of genealogical prestige to that of the Fulani elite.
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Cet article propose de penser l’empreinte laissée par les hiérarchies esclavagistes dans la région du Fouta-Djallon (Guinée) à l’aune des concurrences généalogiques auxquelles se livrent présumés descendants d’esclaves et descendants de libres. Sur le plan théorique, on usera du prisme post-esclavagiste pour comprendre la domination des « grandes familles » peul non pas comme la reproduction du passé, mais comme sa réinvention et sa renégociation au présent. Enquêter sur ses ancêtres, confectionner la généalogie de sa lignée, la mettre en scène dans l’espace social sont autant de moyens de légitimation et d’assimilation des élites locales autour de l’ancienne aristocratie peul. Ces transactions généalogiques sont par ailleurs un moyen de classer et d’exclure les subalternes qui ne peuvent se revendiquer d’une quelconque ascendance libre, même bricolée, et qui trouvent dans une revendication d’autochtonie le support d’un prestige généalogique alternatif à celui de l’élite peul.

This article seeks to reflect on the legacy of slave hierarchies in the Fouta-Djallon region (Guinea), through the lens of genealogical rivalries between presumed descendants of enslaved people and descendants of free people. On a theoretical level, it employs a post-slavery framework to understand the dominance of Fulani “great families” not as a reproduction of the past, but as its reinvention and renegotiation in the present. Investigating one’s ancestors, crafting a genealogy, and staging it in the social space are means for local elites to acquire legitimization and assimilation around the former Fulani aristocracy. These genealogical transactions also serve to classify and exclude subaltern groups who cannot claim any free ancestry — even a constructed one — and who turn instead to claims of autochthony as an alternative source of genealogical prestige to that of the Fulani elite.

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