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Résister au capitalisme académique : un essai sur la justice épistémique

Par : Contributeur(s) : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2026. Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Le capitalisme académique structure la production et la circulation des savoirs par des processus d’extraction, de marchandisation, d’exploitation et d’aliénation. Les revues scientifiques constituent des lieux privilégiés pour observer ces pratiques et leurs effets. Soumises à des injonctions contradictoires, elles reproduisent certaines normes du capitalisme académique tout en ouvrant des espaces propices aux réflexions critiques. Pour analyser ces pratiques paradoxales, nous mobilisons la notion de justice épistémique, entendue comme la reconnaissance et la valorisation équitable de toutes les voix impliquées dans la production et la circulation des savoirs. Enrichie des apports des approches décoloniales et féministes, cette notion permet de proposer des critères pour évaluer les injustices, d’articuler différentes échelles d’analyse et d’orienter l’attention vers les pratiques de transformation. À partir de ce cadre, nous menons une analyse réflexive des pratiques éditoriales de la Revue de l’Organisation Responsable (ROR) et discutons la portée et les limites de quatre tactiques : faciliter l’expression plurivocale, décentrer les normes linguistiques et épistémiques, reconnaître les contributions, et diversifier les formats éditoriaux. Inscrites dans le capitalisme académique, ces pratiques permettent de faire résonner des voix marginalisées, de contester les normes dominantes, de valoriser les apports de toutes les contributrices et tous les contributeurs et d’ouvrir des espaces pluriels d’expression. En définitive, cet essai contribue à éclairer comment les organisations scientifiques peuvent articuler critique et action et propose un cadre pour transformer les régimes de production et de circulation des savoirs.Abrégé : Academic capitalism structures the production and circulation of knowledge through processes of extraction, commodification, exploitation, and alienation. Scientific journals are ideal places to observe these practices and their effects. Subject to contradictory demands, they reproduce certain norms of academic capitalism while opening up spaces conducive to critical reflection. To analyze these paradoxical practices, we draw on the concept of epistemic justice, understood as the recognition and equitable valuation of all voices involved in the production and circulation of knowledge. Enriched by contributions from decolonial and feminist approaches, this concept allows us to propose criteria for assessing injustices, articulate different scales of analysis, and focus attention on transformative practices. Based on this framework, we conduct a reflexive analysis of the editorial practices of the Responsible Organization Review (ROR) and discuss the scope and limitations of four tactics: facilitating plurivocal expression, decentering linguistic and epistemic norms, recognizing contributions, and diversifying editorial formats. Embedded in academic capitalism, these practices allow marginalized voices to be heard, to challenge dominant norms, to value the contributions of all contributors, and to open up pluralistic spaces for expression. Ultimately, this essay helps to shed light on how scientific organizations can articulate criticism and action and proposes a framework for transforming the regimes of knowledge production and circulation.
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Le capitalisme académique structure la production et la circulation des savoirs par des processus d’extraction, de marchandisation, d’exploitation et d’aliénation. Les revues scientifiques constituent des lieux privilégiés pour observer ces pratiques et leurs effets. Soumises à des injonctions contradictoires, elles reproduisent certaines normes du capitalisme académique tout en ouvrant des espaces propices aux réflexions critiques. Pour analyser ces pratiques paradoxales, nous mobilisons la notion de justice épistémique, entendue comme la reconnaissance et la valorisation équitable de toutes les voix impliquées dans la production et la circulation des savoirs. Enrichie des apports des approches décoloniales et féministes, cette notion permet de proposer des critères pour évaluer les injustices, d’articuler différentes échelles d’analyse et d’orienter l’attention vers les pratiques de transformation. À partir de ce cadre, nous menons une analyse réflexive des pratiques éditoriales de la Revue de l’Organisation Responsable (ROR) et discutons la portée et les limites de quatre tactiques : faciliter l’expression plurivocale, décentrer les normes linguistiques et épistémiques, reconnaître les contributions, et diversifier les formats éditoriaux. Inscrites dans le capitalisme académique, ces pratiques permettent de faire résonner des voix marginalisées, de contester les normes dominantes, de valoriser les apports de toutes les contributrices et tous les contributeurs et d’ouvrir des espaces pluriels d’expression. En définitive, cet essai contribue à éclairer comment les organisations scientifiques peuvent articuler critique et action et propose un cadre pour transformer les régimes de production et de circulation des savoirs.

Academic capitalism structures the production and circulation of knowledge through processes of extraction, commodification, exploitation, and alienation. Scientific journals are ideal places to observe these practices and their effects. Subject to contradictory demands, they reproduce certain norms of academic capitalism while opening up spaces conducive to critical reflection. To analyze these paradoxical practices, we draw on the concept of epistemic justice, understood as the recognition and equitable valuation of all voices involved in the production and circulation of knowledge. Enriched by contributions from decolonial and feminist approaches, this concept allows us to propose criteria for assessing injustices, articulate different scales of analysis, and focus attention on transformative practices. Based on this framework, we conduct a reflexive analysis of the editorial practices of the Responsible Organization Review (ROR) and discuss the scope and limitations of four tactics: facilitating plurivocal expression, decentering linguistic and epistemic norms, recognizing contributions, and diversifying editorial formats. Embedded in academic capitalism, these practices allow marginalized voices to be heard, to challenge dominant norms, to value the contributions of all contributors, and to open up pluralistic spaces for expression. Ultimately, this essay helps to shed light on how scientific organizations can articulate criticism and action and proposes a framework for transforming the regimes of knowledge production and circulation.

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