Observation de la « Chronique de Paris » (janvier-juillet 1836)
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2018.
Ressources en ligne : Abrégé : Les lecteurs de Balzac savent quel terrible échec, personnel et financier, fut pour lui la Chronique de Paris. Mais aussi bien la revue elle-même est-elle peu connue, sans être inconnue. On se propose simplement d’examiner avec précision comment on passa de celle de Duckett à celle de Balzac, quels furent ses contenus et ses tendances. Elle fut encyclopédique et pratique, soucieuse d’informer son lecteur avec la plus grande véracité. Journal littéraire, elle sut être exigeante dans ses jugements, en laissant à chacun sa liberté. Et elle fut éclectique, rendant compte aussi bien d’œuvres majeures que d’œuvres mineures. Ce fut encore son honneur de publier non seulement des œuvres de M. de Balzac mais aussi pour finir l’admirable récit de Gautier, La Morte amoureuse.Sa partie politique, malgré son opposition agressive et sans nuances au régime, eut de la tenue. Balzac ne put y traiter de la politique intérieure. Il s’empara de l’« Extérieur » et s’y distingua par le sérieux de son information, la défense de l’alliance russe (et non pas anglaise), et par une mise en texte brillante. Sur un plan général, la politique que prônait réellement la Chronique était moins autocratique que résolument conservatrice et plutôt modérée. Devaient y participer légitimistes fidèles à eux-mêmes et centristes les acceptant comme ils étaient. Elle ne fut agréée ni par les uns ni par les autres. Vrai légitimiste, fondamentalement, Balzac n’était pas un homme de parti. En tout cas en juillet 1836, après un tel fiasco, il n’y a plus pour lui de carrière politique.Abrégé : Every “Balzacian” knows what a devastating personal and financial failure the Chronique de Paris was for Balzac. However, the review itself is little known. In this article, we will confine ourselves to an explanation as to how the review changed when Balzac became its director and to a presentation of its contents and orientation. The review was encyclopaedic, impartial, ever concerned with presenting the truth, and nothing but the truth, to its readers. As a literary journal its standards were uncompromising and its critics were free to express their opinions and, given its eclecticism, to review both major and minor works. Here were published, notably, not only works by Balzac but also, indeed, Gautier’s fine tale, La Morte amoureuse.Politically, whilst violently and unambiguously opposed to the new regime, the Chronique remained fair and restrained. Balzac was not allowed to address domestic policy in the review, but took advantage of the opportunity to address non domestic matters. He did this brilliantly, by carefully reporting the facts, defending the Russian (not the English) alliance and presenting all these matters in appealing prose. Overall, the policy advocated by the review was in fact conservative but moderate rather than autocratic. In Balzac’s view, the legitimists (supporters of King Charles X) and some defenders of Louis-Philippe had to agree, but none of them took up the challenge. In July 1836, after such a fiasco, there was no political future for the novelist.
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Les lecteurs de Balzac savent quel terrible échec, personnel et financier, fut pour lui la Chronique de Paris. Mais aussi bien la revue elle-même est-elle peu connue, sans être inconnue. On se propose simplement d’examiner avec précision comment on passa de celle de Duckett à celle de Balzac, quels furent ses contenus et ses tendances. Elle fut encyclopédique et pratique, soucieuse d’informer son lecteur avec la plus grande véracité. Journal littéraire, elle sut être exigeante dans ses jugements, en laissant à chacun sa liberté. Et elle fut éclectique, rendant compte aussi bien d’œuvres majeures que d’œuvres mineures. Ce fut encore son honneur de publier non seulement des œuvres de M. de Balzac mais aussi pour finir l’admirable récit de Gautier, La Morte amoureuse.Sa partie politique, malgré son opposition agressive et sans nuances au régime, eut de la tenue. Balzac ne put y traiter de la politique intérieure. Il s’empara de l’« Extérieur » et s’y distingua par le sérieux de son information, la défense de l’alliance russe (et non pas anglaise), et par une mise en texte brillante. Sur un plan général, la politique que prônait réellement la Chronique était moins autocratique que résolument conservatrice et plutôt modérée. Devaient y participer légitimistes fidèles à eux-mêmes et centristes les acceptant comme ils étaient. Elle ne fut agréée ni par les uns ni par les autres. Vrai légitimiste, fondamentalement, Balzac n’était pas un homme de parti. En tout cas en juillet 1836, après un tel fiasco, il n’y a plus pour lui de carrière politique.
Every “Balzacian” knows what a devastating personal and financial failure the Chronique de Paris was for Balzac. However, the review itself is little known. In this article, we will confine ourselves to an explanation as to how the review changed when Balzac became its director and to a presentation of its contents and orientation. The review was encyclopaedic, impartial, ever concerned with presenting the truth, and nothing but the truth, to its readers. As a literary journal its standards were uncompromising and its critics were free to express their opinions and, given its eclecticism, to review both major and minor works. Here were published, notably, not only works by Balzac but also, indeed, Gautier’s fine tale, La Morte amoureuse.Politically, whilst violently and unambiguously opposed to the new regime, the Chronique remained fair and restrained. Balzac was not allowed to address domestic policy in the review, but took advantage of the opportunity to address non domestic matters. He did this brilliantly, by carefully reporting the facts, defending the Russian (not the English) alliance and presenting all these matters in appealing prose. Overall, the policy advocated by the review was in fact conservative but moderate rather than autocratic. In Balzac’s view, the legitimists (supporters of King Charles X) and some defenders of Louis-Philippe had to agree, but none of them took up the challenge. In July 1836, after such a fiasco, there was no political future for the novelist.




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