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Jean-Claude Schmitt. Le cloître des ombresGallimard, Paris, 2021, 468 p.(Bibliothèque des histoires)

Par : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2021. Ressources en ligne : Abrégé : Le discours des droits de la nature s’articule autour de la dichotomie entre anthropocentrisme et écocentrisme, inspirée par le champ de l’éthique environnementale. Cette grille de lecture tend à invisibiliser les racines sociales de la crise écologique en suggérant une humanité unifiée, appelée à réviser sa relation à la nature. Nous soutenons au contraire que le mouvement des droits de la nature doit s’inscrire dans la perspective de l’écologie politique, attentive aux asymétries de pouvoir qui structurent les sociétés humaines, loin d’une condamnation abstraite de l’anthropocentrisme. Une multitude de possibilités s’ouvrent alors à la discussion, dont il convient d’étudier les implications distributives. Nous explorons trois cadres conceptuels susceptibles d’orienter l’institutionnalisation des droits de la nature : la nature sauvage, la justice environnementale et le monopole autochtone. Chacun des trois scénarios génère son lot de contradictions irrésolues. La protection de la nature ne peut s’appuyer sur un consensus moral ; elle s’inscrit dans un espace conflictuel où s’affrontent des visions du monde divergentes et des intérêts antagonistes.Abrégé : The discourse on the rights of nature revolves around the dichotomy between anthropocentrism and ecocentrism, rooted in the field of environmental ethics. This perspective often obscures the social roots of the ecological crisis by implying a unified humanity tasked with revising its relationship to nature. We argue instead that the rights of nature movement should be grounded in the perspective of political ecology, attentive to the power asymmetries that shape human societies, and move beyond an abstract denunciation of anthropocentrism. This approach opens a range of possibilities for discussion, requiring careful consideration of their distributive implications. We examine three conceptual frameworks that could guide the institutionalization of the rights of nature: wilderness, environmental justice, and Indigenous monopoly. Each of these scenarii brings its own set of unresolved contradictions. The protection of nature cannot rely, on a moral consensus; it unfolds within a contentious space where divergent worldviews and antagonistic interests collide.
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Le discours des droits de la nature s’articule autour de la dichotomie entre anthropocentrisme et écocentrisme, inspirée par le champ de l’éthique environnementale. Cette grille de lecture tend à invisibiliser les racines sociales de la crise écologique en suggérant une humanité unifiée, appelée à réviser sa relation à la nature. Nous soutenons au contraire que le mouvement des droits de la nature doit s’inscrire dans la perspective de l’écologie politique, attentive aux asymétries de pouvoir qui structurent les sociétés humaines, loin d’une condamnation abstraite de l’anthropocentrisme. Une multitude de possibilités s’ouvrent alors à la discussion, dont il convient d’étudier les implications distributives. Nous explorons trois cadres conceptuels susceptibles d’orienter l’institutionnalisation des droits de la nature : la nature sauvage, la justice environnementale et le monopole autochtone. Chacun des trois scénarios génère son lot de contradictions irrésolues. La protection de la nature ne peut s’appuyer sur un consensus moral ; elle s’inscrit dans un espace conflictuel où s’affrontent des visions du monde divergentes et des intérêts antagonistes.

The discourse on the rights of nature revolves around the dichotomy between anthropocentrism and ecocentrism, rooted in the field of environmental ethics. This perspective often obscures the social roots of the ecological crisis by implying a unified humanity tasked with revising its relationship to nature. We argue instead that the rights of nature movement should be grounded in the perspective of political ecology, attentive to the power asymmetries that shape human societies, and move beyond an abstract denunciation of anthropocentrism. This approach opens a range of possibilities for discussion, requiring careful consideration of their distributive implications. We examine three conceptual frameworks that could guide the institutionalization of the rights of nature: wilderness, environmental justice, and Indigenous monopoly. Each of these scenarii brings its own set of unresolved contradictions. The protection of nature cannot rely, on a moral consensus; it unfolds within a contentious space where divergent worldviews and antagonistic interests collide.

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