Idéaux féminins : le cas de la Grèce ancienne
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2003.
Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : L’intervention de Françoise Frontisi-Ducroux a porté sur les idéaux féminins en Grèce ancienne. Elle a insisté sur le fait que la question des idéaux n’y était abordable que dans une perspective collective. La société grecque est bi-partite, composée d’un monde masculin bien séparé du monde féminin. Mais ce dernier, seuls en témoignent des hommes. Il s’agit d’une société androcentrique, exaltant des valeurs viriles, guerrières, et c’est sur celles-ci que les hommes comme les femmes devront se façonner. L’idéal féminin principal y est celui de la maternité et la mise au monde d’un enfant mâle, ce qui constitue pour elle son état civil, puisqu’elle n’est pas citoyenne. Ses autres idéaux sont ceux de la réserve et de la discrétion, c’est-à-dire son silence, et sa soumission. Lui est accordé comme idéal d’activité, le travail de tissage, de filage et le gouvernement de sa maison. Tel est le rôle capital pour la survie de la société, qui est reconnu à la femme grecque, même si par ailleurs, la société l’exclue simultanément. L’héroïsme est lui réservé aux hommes. L’hétaïre est une compagne de plaisir, et de banquet. Souvent étrangère, elle se doit au désir masculin. Elle appartient à l’espace masculin et à ses idéaux en partageant la connaissance et les techniques artistiques. L’amour est cependant réservé aux relations masculines. L’auteur montre qu’il existe néanmoins des passages entre les idéaux des deux groupes, celui des hétaïres et celui des femmes mariées. La beauté artificielle, tout particulièrement celle due au maquillage et au vêtement, demeure l’idéal féminin, pour les hommes grecs qui se réservent la beauté du corps nu.Abrégé : Feminine Ideals – the Case of Ancient Greece In this article, Françoise Frontisi-Ducroux looks at feminine ideals in Ancient Greece. She insists on the fact that the question of ideals is not in this civilisation to be examined from a collective point of view. For Greek society was bi-partite, composed of a masculine world which was clearly separated from the feminine world. Yet the only witnesses we have to the latter are men. Ancient Greek society was basically andro-centric, exulting virile, warlike values and men and women both had to shape themselves from these ideals. The main feminine ideal was that of maternity and the bringing into the world of a male child, which thus constituted a female civil identity, as women were not citizens in their own right. Other ideals applicable to women were those of reservation and discretion, in other words, silence, submission. The ideal female work was weaving and spinning and attending to household duties. This role guaranteed the survival of society, and this role was recognised by men, even if that same society also simultaneously excluded women from it. Heroism was the domain of men. The hetaira was a companion for pleasure and banquets. Often of foreign origin, she was devoted to the satisfaction of male desire. She belonged to a determined masculine space and corresponded to male ideals, sharing in men’s knowledge of the arts. Love was however a purely male domain. The author of this article shows how transitions could be made between the ideals of both groups – that of the hetairas and that of married women. Artificial beauty, the cult that grew up around make-up and clothing, was a feminine ideal – Greek men retained for themselves the beauty of the naked body.
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L’intervention de Françoise Frontisi-Ducroux a porté sur les idéaux féminins en Grèce ancienne. Elle a insisté sur le fait que la question des idéaux n’y était abordable que dans une perspective collective. La société grecque est bi-partite, composée d’un monde masculin bien séparé du monde féminin. Mais ce dernier, seuls en témoignent des hommes. Il s’agit d’une société androcentrique, exaltant des valeurs viriles, guerrières, et c’est sur celles-ci que les hommes comme les femmes devront se façonner. L’idéal féminin principal y est celui de la maternité et la mise au monde d’un enfant mâle, ce qui constitue pour elle son état civil, puisqu’elle n’est pas citoyenne. Ses autres idéaux sont ceux de la réserve et de la discrétion, c’est-à-dire son silence, et sa soumission. Lui est accordé comme idéal d’activité, le travail de tissage, de filage et le gouvernement de sa maison. Tel est le rôle capital pour la survie de la société, qui est reconnu à la femme grecque, même si par ailleurs, la société l’exclue simultanément. L’héroïsme est lui réservé aux hommes. L’hétaïre est une compagne de plaisir, et de banquet. Souvent étrangère, elle se doit au désir masculin. Elle appartient à l’espace masculin et à ses idéaux en partageant la connaissance et les techniques artistiques. L’amour est cependant réservé aux relations masculines. L’auteur montre qu’il existe néanmoins des passages entre les idéaux des deux groupes, celui des hétaïres et celui des femmes mariées. La beauté artificielle, tout particulièrement celle due au maquillage et au vêtement, demeure l’idéal féminin, pour les hommes grecs qui se réservent la beauté du corps nu.
Feminine Ideals – the Case of Ancient Greece In this article, Françoise Frontisi-Ducroux looks at feminine ideals in Ancient Greece. She insists on the fact that the question of ideals is not in this civilisation to be examined from a collective point of view. For Greek society was bi-partite, composed of a masculine world which was clearly separated from the feminine world. Yet the only witnesses we have to the latter are men. Ancient Greek society was basically andro-centric, exulting virile, warlike values and men and women both had to shape themselves from these ideals. The main feminine ideal was that of maternity and the bringing into the world of a male child, which thus constituted a female civil identity, as women were not citizens in their own right. Other ideals applicable to women were those of reservation and discretion, in other words, silence, submission. The ideal female work was weaving and spinning and attending to household duties. This role guaranteed the survival of society, and this role was recognised by men, even if that same society also simultaneously excluded women from it. Heroism was the domain of men. The hetaira was a companion for pleasure and banquets. Often of foreign origin, she was devoted to the satisfaction of male desire. She belonged to a determined masculine space and corresponded to male ideals, sharing in men’s knowledge of the arts. Love was however a purely male domain. The author of this article shows how transitions could be made between the ideals of both groups – that of the hetairas and that of married women. Artificial beauty, the cult that grew up around make-up and clothing, was a feminine ideal – Greek men retained for themselves the beauty of the naked body.




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