Ce que l’écriture d’Annie Ernaux tient de « l’écrire-classique »
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L’écriture d’A. Ernaux, dont l’œuvre de La Place est choisie comme représentative, montre une nette rémanence de « l’écrire classique ». Si le journal d’écriture de l’autrice marque une forte opposition à un récit qualifié de « classique », il n’y a alors pas de rapport établi avec la langue du xviie siècle, et au contraire s’observent bien des points communs avec le « bon usage » de l’époque classique. Surtout, l’écriture d’A. Ernaux présente des marques de sa recherche de lisibilité, d’accessibilité, de partage, lesquels sont à l’origine de la pensée du « bon usage ». Il s’agit dans les deux cas de s’élever contre une verticalité de la langue, mais avec des enjeux propres, car l’écriture ernausienne tend vers le commun. La persistance de « l’écrire classique » s’avère à la fois indirecte et intime.
The writing of Annie Ernaux, of which La Place is chosen here as representative, shows a clear remanence of “classical writing.” If the author’s writing journal marks a strong opposition to a narrative described as “classical,” there is no established relationship with the language of the seventeenth century. On the contrary, there are many points in common with the “good usage” of the classical era. Above all, Ernaux’s writing shows signs of her search for legibility, accessibility, and sharing, which are at the origin of the thought of “good usage.” In both cases, it is a question of rising against a verticality of language, but with its own stakes: Ernaux’s writing tends toward the common. The persistence of “classical writing” turns out to be both indirect and intimate.
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