À propos des aspects économiques du conflit israélo-arabe
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La question des coûts économiques du conflit israélo-arabe n’est que peu abordée par la plupart des travaux généraux sur la région. Les conséquences des coûts directs et indirects sur la situation des différents pays sont beaucoup plus variées qu’on ne pourrait l’imaginer a priori. Dans l’ensemble, le poids des dépenses d’armement est très élevé, mais du fait de l’importance des flux de ressources d’origine extérieure, le niveau de vie et les dépenses de consommation n’ont pas été totalement sacrifiées. De plus, jamais les aspects économiques n’ont joué un rôle décisif dans les évolutions politiques. En revanche, les facteurs politiques ont eu des conséquences économiques trop sous-estimées ; les remises en cause radicales des perspectives économiques après les guerres successives, les effets des renversements d’alliances politiques dans le domaine international, le rôle des perspectives stratégiques dans le choix des infrastructures et dans la localisation des activités, l’influence du conflit sur les réseaux d’échange et les circuits de produits et de services, les tensions inflationnistes et le renforcement de la dépendance du fait de la situation militaire en sont autant d’exemples probants. Le conflit a eu aussi des conséquences favorables pour certaines dynamiques économiques : par exemple, l’accroissement des flux financiers en provenance de l’extérieur, le développement d’un protectionnisme de fait qui peut favoriser le démarrage d’une politique d’industrialisation, la modernisation de l’économie israélienne sous l’effet du boycott (mais aussi sa quasi-dépendance financière de sources américaines) sont autant d’effets inattendus du conflit.
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