La communauté juive de France et la Grande Guerre
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Résumé Même si la communauté juive forte de 180 000 âmes n'est pas homogène à la veille de la Grande Guerre (puisqu'elle compte près de 16 % d'immigrés et moins de 40 % d'israélites algériens, tout en étant traversée par divers courants philosophiques et politiques), elle partage une valeur du patrimoine républicain : le patriotisme. Lorsque la guerre éclate, réitérant avec plus de convictions l'enthousiasme de 1870 car profondément marqués par le perte de l'Alsace-Lorraine, ses membres se mobilisent au même titre que leurs concitoyens. Combattants résignés ou convaincus de la juste cause, intellectuels et étudiants, rabbins, notables et femmes, tous font leur devoir avec la certitude que les sacrifices consentis apporteront la victoire du droit sur la barbarie. Pendant quatre longues années, les israélites vont vivre au rythme des deuils et des espérances, se démenant pour témoigner d'une parfaite symbiose avec la nation, comme pour oublier l'affaire Dreyfus et confirmer leur adhésion à la grandeur républicaine. Leur participation est à l'image de leur intégration, comme en témoignent les lettres des soldats, les déclarations des rabbins, la presse confessionnelle et les œuvres. Si la victoire de 1918 est célébrée avec faste dans toutes les communautés, elle signifie aussi la disparition de 6 800 hommes sur les 38 000 juifs mobilisés. Le sacrifice, l'expérience du front et de l'arrière marquent durablement les mentalités et la mémoire. Jusqu'à l'avènement de Vichy, les israélites de France entretiennent le souvenir de l'Union sacrée, cette époque déjà lointaine où la fraternité n'était pas un vain mot.
Summary Even if the Jewish community (180,000 persons) was not homogeneous on the eve of World War I (almost 16% immigrants, less than 40% Algerian Israelites, and influenced by a variety of philosophical and political platforms), it nonetheless adhered to one very specific aspect of the French Republic : patriotism. When the war erupted, the Jewish community — expressing even more conviction in light of 1870 events and the loss of Alsace-Lorraine — mobilized as enthusiastically as their compatriots. Reluctant or ardent fighters for the just cause, intellectuals and students, rabbis, officials, and women all accomplished their duty with the certainty that sacrifices endured would bring forth the victory of law over barbarism. For four long years, Israelites went from periods of mourning to ones of hope, struggling to maintain a position of perfect symbiosis with the nation, for example by forgetting the Dreyfus affair and confirming their adherence to the grandeur of the Republic. Their participation was a reflection of their integration, illustrated in letters from soldiers, declarations made by rabbis, editorials in religious press publications, and other written works. The 1918 victory was joyously celebrated in all communities, but didn't erase the fact that 6,800 Jewish men out of the 38,000 mobilized had died. This sacrifice and battle experience left a lasting impression on mentalities and memory. Up to the eve of the Vichy government, French Israelites cherished the memory of the sacred Union, that distant period wherein the word “fraternity” was not pronounced in vain.
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