Ahmed Bouda : Fragments de mémoires
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Né à Aïn Taya, une petite bourgade à l’est d’Alger, Ahmed Bouda se présente et se vit comme un homme de la campagne. Ouvrier saisonnier dans les terres des colons, il a gardé les moutons et les bœufs, labouré et bêché la terre pour gagner sa vie. Mobilisé dans l’armée française en 1927, il s’installe à la fin de son service militaire à Alger, dans le quartier du Ruisseau et Belcourt. Il a gardé de son enfance et de sa jeunesse cette facilité de langage qui lui permet d’haranguer les foules comme seul le tribun hors pair qu’il était pouvait le faire. Ayant suivi les enseignements religieux dans la zaouïa du cheikh el Hamaïmi à Belcourt et du Nadi el islah, puis rejoint le PPA après le discours de Messali d’août 1936 au stade municipal d’Alger, il pouvait puiser dans ce fonds culturel de base les arguments politiques favorables au courant indépendantiste dont il finit par constituer l’une des figures de proue. Avec ce fragment de mémoire malheureusement inachevé, nous retrouvons un des éléments constitutifs du nationalisme indépendantiste radical et pour ainsi dire populaire ou plébéien selon les termes de Mohammed Harbi. Il nous a semblé important de transmettre son témoignage qui nous éclaire sur des moments fondateurs du passage de la tradition ouvrière national-bolchéviste de l’ENA à un nouvel ancrage lors de la venue de l’organisation nationaliste à Alger. On longuement traité de l’apport dans le PPA-MTLD des courants socialisants, républicains laïcs ou même de quelques rares instruits issus de familles de notables rapidement installés à la direction du PPA puis du MTLD. Ahmed Bouda présente un autre pan de la composante sociale du nationalisme radical, celle des quartiers et des faubourgs des grandes villes algériennes.
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