Tissot, Nina

Cocaïne, un raz-de-marée… caché ? - 2025.


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This article describes a spectacular rise in cocaine production, trafficking, and consumption. Global production, concentrated mainly in Colombia, has tripled in ten years, and Europe is now the world’s leading market. In France, seizures have risen sharply. The authors provide statistics on drug use in the general population, noting that the spread of the drug is both visible and invisible. While most people have never tried cocaine, the attention drawn to the phenomenon by the press and institutions gives an impression of widespread use. Certain sectors (law enforcement, medical and social services) are highly impacted and fuel this perception. Cocaine use has become ubiquitous among those receiving treatment from CAARUDs (Risk-Reduction Centers for Drug Users) and CSAPAs (Addictology Treatment, Support, and Prevention Centers), including vulnerable users and former users of other drugs (opiates in particular). Practices are changing, with an increase in use through smoking (crack or base cocaine). Sales and marketing methods are also changing. Dealing by delivery via encrypted apps (Telegram, Snapchat, etc.) is making cocaine more accessible. Doses are smaller and cheaper, sometimes selling for as little as €10 or €20, making the product accessible to the lowest income groups. Extensive marketing (e.g., trade names, promotions, attractive packaging) reinforces this dynamic. L’article décrit une hausse spectaculaire de la production, du trafic et de la consommation de cocaïne. La production mondiale, surtout concentrée en Colombie, a triplé en dix ans, et l’Europe est désormais le premier marché mondial. En France, des saisies en forte hausse sont constatées. Les auteurs livrent des statistiques d’usage en population générale, et remarquent que la diffusion est à la fois visible et invisible. Si la majorité de la population n’a jamais touché à la cocaïne, la médiatisation du phénomène par la presse et les institutions donne une impression de généralisation. Certains secteurs (forces de l’ordre, médico-social) sont fortement exposés et nourrissent cette perception. Dans les prises en charge des CAARUD et CSAPA, la cocaïne est devenue omniprésente, y compris chez des usagers précaires ou anciennement consommateurs d’autres drogues (opiacés notamment). Les pratiques évoluent, avec notamment une hausse des usages par voie fumée (crack ou cocaïne basée). Concernant les modes de vente et du marketing, ceux-ci évoluent également. Le deal par livraison via applis cryptées (Telegram, Snapchat, etc.) facilite l’accès à la cocaïne. Les doses sont plus petites et moins chères, parfois vendues dès 10 ou 20 euros, rendant le produit accessible aux publics les plus modestes. Un marketing poussé (noms commerciaux, promotions, packaging attractif) renforce cette dynamique.