Girel, Mathias
Relations internes et relations spatiales : James, Bradley et Green
- 2006.
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La thèse du présent article est que l’opposition factice entre James, représentant supposé des « relations externes », d’une part, et Bradley, représentant supposé des « relations internes », d’autre part, est due à une mauvaise appréhension des thèses de ce dernier. Ce premier contresens conduit alors à manquer le propos même de James. En prenant pour fil conducteur les relations qui semblent les plus adventices, les relations spatiales, et en particulier les relations de position, nous allons voir que la thèse de Bradley ne porte pas tant sur l’intériorité des relations aux substances que sur le caractère dialectique de toute relation. Cette controverse entre James et Bradley gagne à être lue à la lumière d’une autre forme de critique que James a formulée, très tôt, mais à l’égard de Thomas H. Green cette fois, dans les essais qui préparent les Principes de la psychologie. La seconde section est consacrée à cette première ébauche de la critique du monisme des relations internes, dans les textes psychologiques sur l’espace. I claim that the crude opposition between James, alleged champion of the « external relations » thesis and Bradley, alleged champion of the « internal relations » thesis, is founded on a misunderstanding of the conceptions of the latter. This first misunderstanding leads to miss the very point of James’s texts on this topic. The treatment of space relations, the most « external » of all, shows that Bradley is not concerned with the inherence of relations to substances but with their dialectical character. Some light on this controversy can be cast by the examination of James’s early critique of T.H. Green, in the preparatory essays for the Principles. The second section is devoted to this first sketch of the critique of « internal relations » monism, in the psychological papers on Space.