Mounchit, Nadia

Rejoindre l’autre et s’y retrouver soi-même. Femmes d’Afrique subsaharienne ‘regroupées’ en France dans l’après-migration - 2018.


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À partir d’une étude réalisée à Villeurbanne auprès de femmes originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale en situation de regroupement familial, cet article entend dépasser la figure figée de l’immigrée dite ‘regroupée’ (Oso 2000), à travers laquelle les migrations féminines ont largement été appréhendées. Après l’arrivée, marquée par des dépendances multiples (mise à l’arrêt de la vie professionnelle, perte d’autonomie financière et isolement, voire ‘dette du rejoignant’) affectant leur statut social et leur place dans le couple, les émigrantes sont appelées à (ré)acquérir leur autonomie, par la voie professionnelle notamment, pour se détacher du statut de migrante et plus encore, de migrante regroupée. Based on a survey carried out in Villeurbanne among women from West and Central Africa who had come to France as part of a family reunification programme, this article aims to go beyond the fixed figure of the so-called ‘regrouped’ (Oso 2000) women’s immigrant, which has largely been the lens through which female migrations have been analysed. After their arrival in France, which is characterised by multiple dependencies (interruption of professional life, loss of financial autonomy and isolation, sometimes even incurring the ‘debt of the follower’) that affect their social status and their position within their relationship, these emigrants start to (re)acquire autonomy, in particular through professional activity, in order to lose their status of migrants and, even more so, of migrants under family reunification laws. Basado en un estudio realizado en Villeurbanne con mujeres originarias de África Occidental y Central en situación de reunificación familiar, este artículo pretende ir más allá de la figura fija de la inmigrante llamada "reagrupada" (Oso 2000), a través de la cual las migraciones femeninas han sido en gran medida aprehendidas. Después de la llegada, marcada por múltiples dependencias (cese de la vida profesional, pérdida de autonomía financiera y aislamiento, o incluso 'deuda del socio') que afectan su estatus social y su lugar en la pareja, las emigrantes son llamadas a (re) adquirir su autonomía, en particular a través de la vía profesional, para desprenderse del estatus de migrante y, más todavía, de migrante reagrupada.