Grundy, Emily

Avant-propos - 2005.


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Cet article est le résultat d’une enquête sociale menée en Espagne auprès de personnes âgées seules. En appliquant une méthodologie qualitative et, notamment, la technique des groupes de discussion, les auteurs ont recueilli des informations sur le jugement que ces personnes portent sur leur style de vie aux plans matériel, affectif et relationnel. Trois conclusions principales s’en dégagent. Premièrement, il apparaît que le désir d’indépendance est la cause première de l’isolement résidentiel dont le développement est également encouragé par des facteurs circonstanciels. En second lieu, cette enquête montre, corroborant de précédentes études, que cet isolement n’est absolument pas synonyme de rupture du lien familial et social: face à de rares situations d’abandon, de larges solidarités sont susceptibles de s’exercer. Troisièmement, ce mode de vie constitue de plus en plus une garantie de bien-être pour ceux qui le choisissent, dans la mesure où les nouveaux retraités sont moins confrontés aux handicaps inhérents à l’isolement (difficultés financières, problèmes de santé, gestion des tâches domestiques, etc.). Reste qu’il s’agit là d’un phénomène multidimensionnel, englobant des motivations, des sentiments et des actions complexes que les intéressés ont souvent du mal à traduire en mots et les chercheurs à interpréter. Elderly People Living Alone in Spain This paper is the result of a social survey of elderly people living alone in Spain. Using a qualitative methodology and, in particular, the technique of discussion groups, the authors gathered information about the respondents’ opinions of their lifestyle in financial, emotional and social terms. They draw three main conclusions. First, a desire for independence seems to be the main reason for living alone, the increase in which is also fostered by circumstancial factors. Secondly, corroborating previous studies, the survey shows that living alone does not automatically mean a breakdown in family and social ties: cases of desertion are rare, and there is widespread solidarity. Thirdly, this lifestyle increasingly offers well-being to those that choose it, to the extent that new retirees are less exposed to the handicaps inherent in living alone (financial difficulties, health problems, managing domestic tasks). It nevertheless remains a multifaceted issue, encompassing complex motivations, emotions and actions, which the respondents often have trouble putting into words and researchers interpreting.