Delorme, Marie-Laure
Criminels et justiciables : l'exemple du bailliage d'Argentan (1720-1750)
- 2011.
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Les plaintes déposées au bailliage d’Argentan ont été pour la première fois dépouillées, à l’aide de sondages décennaux allant de 1720 à 1750. Il ressort de ce travail un portrait des pratiques judiciaires des habitants de ce bailliage mais aussi et surtout une plongée dans leurs rapports quotidiens. La criminalité est-elle un miroir des sociétés ? La violence ne serait-elle pas, sous l’Ancien Régime, un mode de sociabilisation ? C’est sous cet angle-là qu’est traitée la criminalité, et non pas sous celui d’une mise en valeur de la violence à la recherche du fait « sensationnel ». Car les crimes sont avant tout une histoire d’hommes, qu’ils soient accusés, victimes, témoins ou personnels de justice. Étudier leurs rapports et les « crimes » commis est un moyen d’en savoir plus sur le mode de vie des habitants d’un petit bailliage normand de la 1ère moitié du xviiie siècle. Criminals and Subjects : the example of the bailiwick of Argentan (1720-1750)For the first time, the complaints lodged with the Argentan royal jurisdiction have been perused, using ten-year surveys dating from between 1720 and 1750. From this work, a picture of the judicial practices of its inhabitants emerges and a precise idea of their daily interactions. Is criminality a mirror of societies ? Could violence translate methods of socialization under the Ancient Regime ? Criminality is treated from this viewpoint rather than emphasizing violence through sensationalizing a single deed. Because crimes are first and foremost a story of People, whether they be accused, victims, witnesses, or judicial officials. Studying the interactions and the « crimes » committed enlightens us on the life in a small bailiwick in the first half of the eighteenth century.