Eiguer, Alberto
Emprise des groupes d'appartenance dans la cure analytique par lettres
- 2019.
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Dans ce texte, l'auteur aborde la question de l'analyse par lettres en étudiant la correspondance de Freud et Ferenczi pendant la période où ce dernier a réalisé son analyse avec le premier (1914-1916). Freud a une préférence pour l'analyse en présence disant que l'écriture de lettres n'est pas la méthode la plus propice à élaborer les résistances, au contraire elle semble les renforcer. Mais ce fut la première tentative d'analyse à distance et, à ce titre, cette correspondance est féconde en suggestions. La discussion sur les effets et les contre-effets de cette forme d'analyse conduit l'auteur à étudier l'écrit épistolaire comme expression du travail analytique, les missives pouvant s'associer à des objets de relation en thérapie de groupe. Ensuite l'auteur analyse la part de la groupalité infléchissant ce lien analytique : les enjeux de pouvoir, les groupes de référence, la construction de la théorie analytique des masses, le destin de la nouvelle science. Les lettres surdéterminent-elles cette groupalité ? On y trouve également des indices sur l'écoute selon la sensibilité de l'analyste, Freud paraissant peu disposé à adopter l'écoute maternelle que Ferenczi attendait. Ce différend ou dés-accordage (inconscient) aurait pu influencer la suite de leur lien ainsi que la construction de la technique analytique. In this text, the author discusses the question of analysis by means of letters by studying the correspondence between Freud and Ferenczi during the period when the latter did his analysis with the former (1914-1916). Freud had a preference for analysis in situ, saying that letter writing was not the most suitable method for elaborating resistances; on the contrary, it seemed to reinforce them. But this was the first attempt at analysis at a distance and, in this respect, this correspondence contains many fruitful suggestions. The discussion on the effects and counter-effects of this form of analysis leads the author to study the epistolary text as an expression of the analytic work, where the missives may be associated with relational objects in group therapy. Next the author analyses the aspect of groupality influencing this analytic link: issues of power, groups of reference, the construction of the analytic theory of groups, the fate of the new science. Do letters over-determine this groupality? We also find indications concerning the analyst's sensibility, since Freud seemed little disposed to adopting the maternal style of listening that Ferenczi expected. This difference or lack of tuning (unconscious) may have influenced the future of their relationship as well as the construction of analytic technique. En este texto, el autor aborda la cuestión del análisis por cartas estudiando la correspondencia de Freud y Ferenczi durante el período donde este último realizó su análisis con el primero (1914-1916). Freud prefiere el análisis presencial diciendo que la escritura de cartas no es el método más propicio para elaborar las resistencias, al contrario parece reforzarlas. Pero fue la primera tentativa de análisis a distancia y, en este sentido, esta correspondencia es fecunda en sugestiones. La discusión sobre los efectos y los contra efectos de esta forma de análisis conducen al autor a estudiar la escritura epistolar como expresión de trabajo analítico, las misivas podrían asociarse a objetos de relación en terapia de grupo. Luego el autor analiza la parte de grupalidad que influencia este vínculo analítico: las cuestiones del poder, los grupos de referencia, la construcción de la teoría analítica de masas, el destino de la nueva ciencia. ¿Las cartas determinan esta grupalidad? Encontramos también indicios sobre la escucha según la sensibilidad del analista, Freud parecía poco dispuesto a adoptar la escucha maternal que Ferenczi esperaba. Esta diferencia o des-afinación (inconsciente) podría haber influenciado tanto la continuación del vínculo como la construcción de la técnica analítica.