Kaltenbeck, Franz
La violence de la mélancolie selon David Foster Wallace ou les limites du chiffrage
- 2015.
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Dans son roman, Infinite Jest (paru en français en 2015 sous le titre, L’Infinie Comédie), David Foster Wallace différencie deux formes de dépressions graves, l’anhédonie et la mélancolie ou dépression psychotique. Celle-ci, le narrateur l’appelle aussi « le Grand Requin Blanc » – pour la violence de la douleur qui pousse ses victimes à se suicider. On peut penser que c’est la maladie dont l’auteur a souffert et à laquelle il a succombé. Nous soulevons dans cet article la question de savoir pourquoi son espoir de guérir en narrant des histoires, en disant donc la vérité de la fiction, ne s’est pas réalisé. En d’autres termes, pourquoi il n’a pas réussi à construire ce que Jacques Lacan appelle « le sinthome » où se noue la création littéraire à une structure qui protège le sujet contre les abîmes de la psychose. The violence of melancholia according to David Foster Wallace or the limits of cipheringIn his novel, Infinite Jest, David Foster Wallace differentiates two types of severe depressions, anhedonia and melancholia or psychotic depression. The narrator calls the latter “the Big White Shark” because of the violent sufferance which drives people to suicide. It is most likely that the author experienced this type of depression and ultimately died of it. Now this essay addresses the question why did narrating stories –that is, telling the truth of fiction– fail to heal him. In other words, why did he never manage to build what Lacan calls a “sinthome” which ties literary creation to a structure which shields the subject from the abyss of psychosis.