TY - BOOK AU - Bradley,Jonathan TI - L’attirance douteuse pour se faire mal PY - 2017///. N1 - 60 N2 - Nombre de problématiques essentielles sont abordées dans cette présentation de travail effectué dans le cadre du NHS en Grande-Bretagne : la psychothérapie de l’enfant dans le secteur public ; la diminution de la fréquence des séances au cours d’un traitement ; le travail avec les adolescents ; et le traitement psychanalytique de patients auto-agressifs. L’usage de recevoir les patients à la fréquence d’une ou deux fois par semaine date dans le secteur public des années 1980, et bien que cela permette de toucher des patients qui n’auraient pas les ressources financières pour un traitement psychanalytique dans le privé, cela rend difficile pour le thérapeute d’apprécier si la diminution de la fréquence des séances est sans risque dans le travail avec des patients malades. L’auteur espérait qu’il soit possible d’offrir un traitement à deux séances par semaine, mais ce ne fut pas le cas en raison d’aspects pratiques, et de la réticence des patients adolescents à se rendre à plus d’une séance par semaine. Il était très difficile pour les deux patients de communiquer verbalement, mais ils étaient très éloquents « somatiquement ». Dennis « se cachait » derrière un diagnostic de syndrome d’Asperger peu convainquant, et son discours se réduisait à des paroles au sujet d’un effondrement imminent des « fondations de la maison », et à des descriptions partielles de sa collection de vidéos du Dr Who. Toute tentative par le thérapeute de rechercher un contenu émotionnel, ou de se montrer curieux du possible usage de métaphores, conduisait à l’abandon brutal des thèmes. Ce fut à la suite seulement d’un événement catastrophique (discuté en détail dans l’article) que Dennis trouva une éloquence dans son discours, bien plus libre pour aborder des questions personnelles, et qu’il commença à bien étudier. C’était comme si le « label » de syndrome d’Asperger pouvait être mis au repos. Nicola s’engageait dans des joutes verbales plutôt que d’utiliser le langage pour communiquer. Elle avait pris de fortes overdoses avant le début de la thérapie, et se coupait la peau depuis un très jeune âge. Elle était restée isolée pendant 18 mois dans sa chambre avant d’être adressée, faisait « la guerre » à ses parents, tout en exigeant qu’ils lui laissent de la nourriture à côté de sa chambre, et paraissait engagée dans des pratiques sexuelles sadomasochistes et de jeux en ligne. L’état des deux patients s’améliora significativement au cours du temps. Certaines difficultés à travailler avec de tels patients, qui paraissent privés de la capacité à faire des rêves et à penser d’une manière imaginative, sont abordées dans la dernière partie de l’article. Ce dernier chapitre explore un remaniement de la distinction proposée par Bion entre matériel non-psychotique et psychotique, qui laisse plus de place au type de communication fragmentée décrite par Cassorla. Même si le thérapeute peut s’attendre à un envahissement par les évacuations des patients, il doit tenter de chercher du sens là où c’est possible et, avec toute son habilité, manifester de la compréhension malgré l’embarras de la situation. Il est essentiel de se reposer sur la capacité négative de ne pas savoir, plutôt que d’imposer à la hâte une solution prématurée; This description of work carried out in Britain in the NHS discusses a number of important issues: child psychotherapy in the public sector; reduced frequency of treatment; work with adolescents; and the psychoanalytic treatment of self-harming patients. The tradition of working once or twice weekly with patients in the public-sector dates from the 1980’s, and whilst it does make it possible to reach patients who would not be able to afford private psychoanalytic treatment, it does make it difficult for the therapist to decide whether it is safe to work with ill patients on a less frequent basis. The author hoped that it would be possible to provide twice weekly treatment but this was not possible due to some practical reasons, and the reluctance of the Adolescent patients to attend more than once weekly. Both patients found it very difficult to communicate verbally, but they were very eloquent “somatically”. Dennis “hid” behind a not very convincing diagnosis of Asperger’s, and limited his speech to utterances about an imminent collapse of “the foundations of the house”, and to limited descriptions of his collection of Dr Who videos. Any attempt by the therapist to seek out any emotional content, or to wonder about the possible use of metaphors led to topics being dropped abruptly. It was only after a catastrophic event (discussed in detail in the chapter) that Dennis became eloquent in his speech, much more free to talk about personal matters, and began to do well in his studies. It was as if the “label” of Asperger’s could be laid to rest. Nicola engaged in verbal sparring, instead of using language to communicate. She had taken severe overdoses before beginning therapy, and had engaged in physical cutting of her skin since an early age. She had been isolated in her bedroom for 18 months before referral, was “at war” with her parents, though requiring them to leave food outside her room and seemed to be committed to sado- masochistic sexuality, and to on-line games. Over time, significant improvements took place in the condition of both patients. A final section of the chapter considers some of the difficulties of working with patients such as these who are seemingly deprived of the ability to have dreams, and think imaginatively. The chapter explores a modification of Bion’s division into non-psychotic or psychotic material, to give more weight to the type of fragmented communication described by Cassorla. Although the therapist can expect to be invaded by the patients’ evacuations, he must try to search out meaning where possible, and communicate understanding to the best of his ability in the embattled situation. It seems important to hold onto the negative capability of not knowing, rather than impose a hasty solution prematurely UR - https://shs.cairn.info/revue-journal-de-la-psychanalyse-de-l-enfant-2017-1-page-151?lang=fr&redirect-ssocas=7080 ER -