Renahy, Nicolas
Une occupation d'usine, chant du cygne d'un syndicalisme villageois
- 2005.
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RésuméUne occupation d’usine ne s’inscrit dans une mémoire collective que si elle fait l’objet d’une reconstruction ultérieure. En 1981, l’unique usine d’un petit village de l’est de la France ferme ses portes. À partir d’une enquête ethnographique et socio-historique réalisée dans la décennie quatre-vingt-dix, l’auteur interroge l’oubli apparent de la longue occupation de l’usine (huit mois) par ses salariés. Il montre notamment comment les militants cgt se sont approprié, à l’époque, les bâtiments de l’usine. Replacé dans son contexte historique et relationnel et par-delà la reprise partielle de l’activité, l’événement a signifié l’extinction brutale d’un type de syndicalisme villageois, en même temps que celle, plus lente, d’un rapport de proximité entre une industrie et un territoire. A factory occupation is only recorded by collective memory if it is followed by a later reconstruction. The unique factory of a small village in the East of France closed in 1981. On the basis of an ethnographic and socio-historical survey carried out in the 1990s the author analyses the apparent oblivion of the long factory occupation (eight months) by its salaried employees. He shows namely how cgt militants appropriated the factory buildings. This event replaced in its historical and relational context signified despite a partial return to work the brutal end of a certain village trade-unionism as well as the slower dying out of a close relation between an industry and a territory. ZusammenfassungEine Fabrikbelagerung wird nur im kollektivem Gedächtnis behalten, wenn auf sie eine spätere Rekonstruktion folgt. In 1981 schliess die einzige Fabrik eines kleinen Dorfes Ostfrankreichs. Auf der Basis einer ethnographischen und soziohistorischen Studie, die in den 1990er Jahre durchgeführt wurde, fragt sich der Autor über die scheinbare Vergessenheit der langen (achtmonatigen) Fabrikbelagerung durch die Arbeitnehmer. Er zeigt nämlich wie sich die cgt- Militanten zu dieser Zeit der Fabrik bemächtigten. Dieses Ereignis, wenn in ihrem historischen und relationalen Kontext wiedergestellt, bedeutete trotz einer teilweisen Arbeitwiederaufnahme die plötzliche Auslöschung eines dörflichen Syndikalismus sowie die langsamere Verschwindung eines Näheverhältnisses zwischen einer Industrie und einem Territorium.