Mizuno, Hisashi
« Tout vit, tout agit, tout se correspond ».
- 2010.
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Chez Gérard de Nerval, dire sa propre folie est un acte poétique par excellence. Dans Aurélia, il crée une écriture autobiographique de la folie qui se calque à s’y méprendre sur le langage des aliénés et, à travers l’évocation de ses expériences de l’aliénation, cherche à explorer les rapports complexes entre le monde réel et l’autre monde entrevu au cours de ses visions insensées et chimériques. Et en les présentant comme sa « descente aux enfers » à la suite des modèles poétiques dans la tradition littéraire occidentale depuis Homère et Virgile, il tente de présenter une vision du monde rendue harmonieuse par son écriture, traitant de la folie à la première personne. La dernière folie de Nerval, celle de se croire poète, consiste à se faire voyant de l’infini, mais surtout à exprimer poétiquement la fusion du moi et de la nature dans le Grand Tout.