Verdeau, Patricia
Jacques Gernet, La raison des choses. Essai sur la philosophie de Wang Fuzhi (1619-1692), Paris, Gallimard, 2005, 436 p., 27,50 E.
- 2007.
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Max Scheler et la phénoménologie française Les lectures traditionnelles de l’œuvre de Max Scheler en font un « moraliste » et envisagent son projet phénoménologique comme moyen pour formaliser son éthique. On tente ici, au contraire, l’expérience d’une lecture de l’ a priori objectif schelerien et de son matérialisme axiologique du seul point de vue de la démarche phénoménologique, nécessaire pour comprendre ses critiques du rationalisme kantien et l’originalité de sa philosophie « affective ». Sa postérité française (Henry, Dufrenne, Sartre, Merleau-Ponty ou Ricœur) offre des outils pour extraire la teneur phénoménologique de cette œuvre et lui permettre de tenir ses promesses. Elle permet aussi de découvrir les difficultés de cette lecture de Scheler : si sa philosophie est avant tout une phénoménologie, comment qualifier le pôle subjectif du rapport intentionnel qui nous ouvre au sens a priori des objets du monde, c’est-à-dire à leurs « valeurs » ? Et si la teneur axiologique des objets précède effectivement ce rapport, comment répondre à la question phénoménologique de la constitution des valeurs ? Max Scheler and the French phenomenology Traditional approaches of Max Scheler’s work turn him into a moralist and consider his phenomenological project as a means to formalize ethics. But it is possible to read his objective a priori and his axiological materialism from the only point of view of his phenomenological attempt, necessary as it was to understand his criticism of kantian rationalism and the originality of his emotional philosophy. His French posterity (Henry, Dufrenne, Sartre, Merleau-Ponty or Ricœur) offers tools to extract the phenomenological element in his work, thus enabling to keep his promises. It also enables one to discover the difficulties at stake of such an approach of Scheler : if his philosophy is first and foremost a phenomenology, how may one define the subjective pole as different form the intentional relationship introducing us to the a priori meaning of the objects in the world, i.e. their « values » ? And if the axiological import of the objects indeed comes before such as relationship, how may one reply to the phenomenological topic of how values are erected ?