Thierry, Marie-Lise
L’incontinence anale, un symptôme à ne pas négliger dans les maladies inflammatoires chroniques intestinales
- 2022.
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The prevalence of fecal incontinence is high in inflammatory bowel disease (IBD) (between 20-73% depending on the study). Diarrhea, lack of colorectal reservoir, rectal compliance disorder or sphincter rupture can cause fecal incontinence in IBD. Specific risk factors of fecal incontinence in IBD are: activity and duration of the disease, stenosing phenotype, a history of luminal surgery for IBD, pouchitis, perineal Crohn's disease or anal stenosis and a history of proctologic surgery. Fecal incontinence and perianal Crohn's disease affect quality of life: it is more difficult to access paid employment and periods of work stoppage are more frequent. Active perineal Crohn's disease increases thirteen times the risk of sexual dysfunction in women. Treatment of fecal incontinence is based on controlling luminal inflammation and symptomatic treatment of transit disorders. Second-line treatments of fecal incontinence such as colonic irrigations or sacral nerve stimulation are reserved for IBD patients with endoscopic remission and after failure of symptomatic treatment and anorectal rehabilitation. To prevent fecal incontinence in IBD, it is necessary to screen and to treat early perianal Crohn's disease, to control rectal inflammation, to treat anoperineal fistulas with surgical drainage in combination with medical treatment and to prefer sphincter saving/sparing techniques to fistulotomy. The permanent stoma remains the last resort treatment for refractory fecal incontinence to improve patient's quality of life. La prévalence de l’incontinence anale (IA) est élevée dans les maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) (comprise entre 20-73 % selon les études). La diarrhée, l’absence de réservoir colorectal, un trouble de la compliance rectale ou une rupture sphinctérienne peuvent être responsables d’une IA dans les MICI. Les facteurs de risque d’IA spécifiques des MICI sont : l’activité et la durée d’évolution de la maladie, le phénotype sténosant, un antécédent de chirurgie luminale pour MICI, la présence d’une inflammation du réservoir, la présence de lésions ano-périnéales ou d’une sténose anale et un antécédent de chirurgie proctologique. L’IA et les lésions ano-périnéales de la maladie de Crohn affectent la qualité de vie : il est plus difficile d’avoir accès à un emploi rémunéré et les périodes de cessation d’activité sont plus fréquentes. La présence de lésions ano-périnéales actives dans la maladie de Crohn multiplie par treize le risque de dysfonction sexuelle chez les femmes. Le traitement de l’IA repose sur le contrôle de l’inflammation luminale et sur le traitement symptomatique des troubles du transit. Les traitements de seconde ligne de l’IA comme les irrigations coliques ou la neurostimulation des racines sacrées sont réservés aux patients avec une MICI en rémission endoscopique et après un échec du traitement symptomatique et de la rééducation ano-rectale. L’IA dans les MICI peut être prévenue si un dépistage avec un traitement médical précoce des lésions ano-périnéales est réalisé, si l’inflammation rectale est contrôlée, si les fistules ano-périnéales sont traitées en associant avec un drainage chirurgical et un traitement médical et si les techniques d’épargne sphinctérienne sont privilégiées. La stomie définitive reste le traitement de dernier recours de l’IA réfractaire permettant ainsi d’améliorer la qualité de vie des patients.