Marion-Audibert

● À retenir du n° 1 Janvier 2026 - 2026.


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Les traitements ainsi que les méthodes diagnostiques de l’infection à Helicobacter pylori (H. pylori) ont évolué ces dernières années. Alors que l’on considère que 95 % des infections à H. pylori doivent répondre à une antibiothérapie guidée, autrement dit adaptée à la sensibilité de la bactérie aux antibiotiques déterminée par PCR (Polymerase Chain Reaction) et/ou par culture à partir de biopsies gastriques, on relève que la quasi-totalité des patients reçoivent encore un traitement empirique et ce malgré les recommandations des sociétés savantes internationales, nationales et de la Haute Autorité de Santé (HAS). En effet, il a été montré que les traitements guidés étaient mieux tolérés donc mieux observés et ainsi plus efficaces (meilleure tolérance, meilleure observance, meilleure efficacité). La PCR est une technique capable de détecter H. pylori et les mutations responsables de la résistance à la clarithromycine et ainsi permet de mettre en place un traitement guidé. Elle apparait comme une alternative à la culture, cette dernière étant plus difficile à réaliser. Elle devrait permettre de traiter chaque année près de 80 % des 200 000 patients détectés comme infectés par H. pylori par une trithérapie guidée IPP-amoxicilline-clarithromycine au lieu d’une quadrithérapie empirique bien moins bien supportée. En effet, la résistance primaire à la clarithromycine atteint en France 21 %. Les 20 % restants (les patients pour lesquels la PCR détecte une résistance à la clarithromycine) peuvent être traités par une quadrithérapie bismuthée. Avec le remboursement récent de la PCR, nous n’avons plus de frein pour mettre en place cette thérapie guidée qui engendre moins de résistance. Par ailleurs, peu de ces traitements ont tenu compte de données de pharmacocinétique/pharmacodynamique pour adapter posologies et associations, comme pour l’amoxicilline, pour laquelle une prise en 3 fois par jour est la règle. Les indications comme les précautions de prélèvements restent les mêmes à savoir le respect absolu de l’arrêt des IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) et antibiotiques, respectivement 2 et 4 semaines avant les prélèvements.Le GEFH (Groupe d’Études Français des Helicobacter) réunissant des hépato-gastroentérologues et des bactériologistes a mis en place une RCP permettant de discuter des indications plus ou moins formelles d’éradication de H. pylori en présence de multirésistance aux antibiotiques (contactGEFH@helicobacter.fr). Treatments and diagnostic methods for Helicobacter pylori infection have evolved in recent years. While it is estimated that 95% of H. pylori infections should respond to guided antibiotic therapy – that is, therapy tailored to the bacterium’s susceptibility to antibiotics as determined by PCR (Polymerase Chain Reaction) and/or culture from gastric biopsies – it is observed that almost all patients still receive empirical treatment, despite recommendations from international and national learned societies and the French National Authority for Health (HAS). Indeed, it has been shown that guided treatments are better tolerated, therefore better adhered to, and thus more effective (better tolerance, better adherence, better efficacy). PCR is a technique capable of detecting H. pylori and the mutations responsible for resistance to clarithromycin, thereby enabling the implementation of guided treatment. It appears to be an alternative to culture, the latter being more difficult to perform. This new approach should allow us to treat nearly 80% of the 200,000 patients diagnosed with H. pylori infection each year with guided triple therapy: a proton pump inhibitor (PPI), amoxicillin, and clarithromycin, instead of the much less well-tolerated empirical quadruple therapy. Indeed, primary resistance to clarithromycin reaches 21% in France. The remaining 21% (patients for whom PCR detects clarithromycin resistance) can be treated with bismuth-based quadruple therapy. With the recent reimbursement of PCR tests, we no longer have any obstacles to implementing this guided therapy, which generates less resistance. Furthermore, few of these treatments have taken into account pharmacokinetic/pharmacodynamic data to adjust dosages and combinations, as is the case for amoxicillin, for which three doses per day are the standard. The indications and sampling precautions remain the same, namely, strict adherence to the discontinuation of PPIs and antibiotics, respectively 2 and 4 weeks before sampling. The GEFH (Groupe d’Études Français des Helicobacter), bringing together hepatogastroenterologists and bacteriologists, has set up a multidisciplinary team meeting to discuss the more or less formal indications for the eradication of H. pylori in the presence of multi-resistance to antibiotics (contactGEFH@helicobacter.fr).