Sylla, Aida

Caractéristiques cliniques d’homicides commis par des malades mentaux au Sénégal - 2015.


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Cette étude décrit une série de 20 patients ayant commis des homicides ont été reçus dans la structure entre janvier 2006 et décembre 2012. Il s’agit majoritairement d’hommes (18) célibataires (13). Leur niveau scolaire était bas de même que leur niveau socio-économique. Ils vivaient en majorité dans un domicile en famille au moment des faits (17). 15 homicides ont été commis dans le domicile commun que partageaient la victime et l’auteur. L’homicide a souvent pour cadre le domicile commun à l’agresseur et à la victime. Les victimes sont souvent des proches, connues par les auteurs. 15 patients ont utilisé une arme d’opportunité : bâton, brique, gros caillou : la première chose lourde sur laquelle ils sont tombés. 12 auteurs se sont acharnés sur leurs victimes après l’homicide. Aucun des patients n’a essayé de dissimuler l’acte ou de fuir. Sur les 20 auteurs d’homicide, 16 ont eu un diagnostic de psychose chronique : 12 cas de schizophrénie paranoïde et 4 cas de paranoïa délirante. Les 4 autres sont 2 épileptiques et 2 psychopathies. Aucun des 20 patients n’avait de traitement médicamenteux au moment du passage à l’acte. L’existence d’un trouble délirant plus souvent de persécution, non traité est déterminante. Ces constats appellent une meilleure sensibilisation des populations souvent mal informées par rapport à la maladie mentale dans ses aspects cliniques, criminologiques mais surtout thérapeutiques. Le traitement reste un facteur potentiellement protecteur contre la survenue de telles conduites. La prévention des conduites violentes de malades mentaux passera donc nécessairement par un traitement adapté et un bon suivi des patients, notamment ceux qui sont atteints de psychose chronique. This study is about 20 patients who have committed homicides and have been received in Thiaroye psychiatric hospital from January 2006 to December 2012. It was predominantly men (18), single (13). Their educational level was low as well as their socio-economic level. They lived mostly at home with family at the time of homicides (17). Fifteen homicides were committed in the common home shared by victim and perpetrator. Homicide has often set in the common home the aggressor and the victim. Victims were often relatives, known by the authors, Fifteen patients used a weapon of opportunity : stick, brick, large stone : the first heavy thing they fell on. Twelve authors have struggled to their victims after the homicide. None of the patients tried to hide the act or to leak. Sixteen have been diagnosed with chronic psychosis : 12 cases of paranoid schizophrenia and 4 cases of delusional paranoia. The other 4 are epileptic 2 and 2 psychopathies. None of the 20 patients had drug treatment while do in homicide. The existence of a delusional disorder often of persecution, untreared is decisive. These findings call for a greater awareness of populations often poorly informed about mental illness in its clinical, criminological but especially therapeutic appearance. The treatment remains a potentially protective factor against the occurrence of such behavior. The prevention of violent behavior of mental patients will therefore need appropriate treatment and a good follow of patients, including those with chronic psychosis.