Brugmans, Henri
Vingt ans après La Haye, où en est l’Europe ?
- 2025.
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L’article s’ouvre sur le Congrès de l’Europe réuni à La Haye (8-11 mai 1948), présenté comme un moment décisif de l’après-guerre, rassemblant responsables politiques, parlementaires et militants autour de Churchill. Dans un contexte de guerre froide naissante et de fragilité occidentale, il expose l’affrontement de deux conceptions : l’unionisme, qui privilégie un « conseil » intergouvernemental destiné à coordonner redressement économique, défense et sauvegarde des libertés, et le fédéralisme, qui vise des institutions supranationales dotées de pouvoirs réels. L’auteur rappelle que les compromis issus de La Haye ont ouvert la voie à des réalisations, mais aussi à des ambiguïtés persistantes sur la finalité politique de l’unité européenne. Il insiste enfin sur le devoir de relier réflexion et action, de repenser les moyens du militantisme et de préparer le relais générationnel, condition de la continuité du projet. Faute d’effort, le mouvement perd en tactiques et oublie souvent l’essentiel de sa démarche. L’article propose ensuite des témoignages sur le congrès et le devenir de l’Europe avec Henri Brugmans, Maurice Faure, Salvador de Madariaga, Alexandre Marc, Denis de Rougemont, Duncan Sandys et Paul Van Zeeland. The article opens with the Congress of Europe held in The Hague (8–11 May 1948), presented as a decisive moment in the post-war period, bringing together politicians, parliamentarians and activists around Churchill. Against the backdrop of the nascent Cold War and Western fragility, it sets out the clash between two concepts : unionism, which favours an intergovernmental “council” to coordinate economic recovery, defence and the safeguarding of freedoms, and federalism, which aims for supranational institutions with real powers. The author points out that the compromises reached in The Hague paved the way for achievements, but also for persistent ambiguities about the political purpose of European unity. Finally, he emphasises the need to link reflection and action, to rethink the means of activism and to prepare for the generational handover, which is essential for the continuity of the project. Without effort, the movement loses its tactics and often forgets the essence of its approach. The article then presents testimonies on the congress and the future of Europe with Henri Brugmans, Maurice Faure, Salvador de Madariaga, Alexandre Marc, Denis de Rougemont, Duncan Sandys and Paul Van Zeeland.