TY - BOOK AU - Tichit,Ariane TI - Chapitre 6. Un autre regard sur les cryptos : intérêts et limites de leurs usages pour le bien commun PY - 2025///. N1 - 29 N2 - À rebours des discours dominants qui réduisent les cryptomonnaies à des actifs spéculatifs, énergivores et déstabilisateurs, cet article propose une relecture critique et argumentée de leurs usages potentiels au service du bien commun. En mobilisant des données issues de travaux empiriques récents (Chainalysis, Cambridge CCAF, Galaxy Digital, Coinmap), il interroge la validité des principaux reproches adressés aux cryptomonnaies – opacité, illégalisme, gaspillage énergétique – et en révèle les biais d’analyse. Loin de constituer un bloc homogène, les cryptomonnaies forment un champ technologique en constante recomposition, dont certaines déclinaisons – sociales, environnementales, communautaires – incarnent des expérimentations radicales de décentralisation monétaire au service du social et du vivant. Deux axes sont ici explorés : d’une part, des cryptomonnaies environnementales (Solarcoin, Regen Network) qui rétribuent la production d’énergie verte ou la régénération des écosystèmes via des mécanismes distribués de reconnaissance de valeur ; d’autre part, des dispositifs de revenu d’existence basés sur la preuve d’humanité (June, Circles UBI, Proof of Humanity, Idena), qui questionnent les fondements même de l’émission monétaire. Si ces expériences demeurent fragiles et marginales, leur analyse révèle les tensions sociotechniques (gouvernance des DAO, preuve d’identité, stabilité de la valeur) inhérentes à toute tentative de refondation monétaire. En réintégrant les enjeux de justice sociale et de soutenabilité écologique au cœur des dynamiques monétaires, ces cryptomonnaies alternatives esquissent les contours d’un paradigme émergent de monnaies contributives, capable d’opposer aux logiques extractivistes du capitalisme financier des formes renouvelées de coordination, de solidarité et de souveraineté collective; This article challenges dominant narratives that depict cryptocurrencies as speculative, energy-intensive, and destabilizing assets. Drawing on recent empirical studies (Chainalysis, Cambridge CCAF, Galaxy Digital), it reassesses key criticisms – criminal use, lack of utility, excessive energy consumption – and highlights their analytical limitations. Beyond such reductive views, the paper explores how certain cryptocurrencies operate as decentralized monetary tools potentially serving the common good. It focuses on two categories: environmental cryptocurrencies (e.g., Solarcoin, Regen Network), which reward ecological contributions via blockchain-based incentives; and citizen-based basic income systems (e.g., June, Circles UBI, Proof of Humanity, Idena), which reconfigure monetary issuance through verified personhood. These initiatives, though marginal, expose critical challenges in governance, scalability, and legitimacy. The article ultimately argues for recognizing the potential of contributive cryptocurrencies to foster new forms of decentralized coordination, social justice, and ecological transition – laying the groundwork for a monetary paradigm shift anchored in common goods UR - https://stm.cairn.info/revue-journal-international-de-bioethique-et-dethique-des-sciences-2025-3-page-75?lang=fr&redirect-ssocas=7080 ER -