Shulz, Sébastien

The commercial harnessing of car sharing in France - 2024.


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After a mixed start, the market for short-distance car-sharing platforms is now booming, receiving substantial government support as a tool for the greening of the mobility sector. Yet the solution of a digital platform market to meet the environmental challenges posed by private car use is not self-evident. To understand how this alignment was achieved, I conducted a survey using semi-structured interviews (N=22), grey literature and press articles (N=698), and observation of the socio-technical characteristics of the main platforms (N=5). I analysed this material through the sociology of markets. The article shows why and how the state favours the capitalist techno-market platform model over the other two models (cooperative and social) by helping to build an economy of capture. It concludes with a discussion on the tension between the state’s objectives of greening the mobility sector, and its support for capitalist platforms, whose model is likely to generate rebound effects. Après des débuts mitigés, le marché des plateformes de covoiturage courte distance connaît un essor et un soutien public importants au nom de la transition écologique du secteur de la mobilité. Pourtant, la solution d’un marché de plateformes numériques en vue de répondre aux enjeux environnementaux de la voiture individuelle ne va pas de soi. Pour comprendre comment cet alignement a été opéré, j’ai mené l’enquête à travers des entretiens semi-directifs (N=22), la récolte de littérature grise et d’articles de presse (N=698), ainsi que l’observation des caractéristiques sociotechniques des principales plateformes (N=5). J’ai analysé ce matériau en me plaçant au croisement au croisement de la sociologie de la construction politique des marchés et la sociologie des agencements marchands. L’article montre pourquoi et comment l’État favorise le modèle des plateformes capitalistes techno- marchandes par rapport aux deux autres modèles (coopératif et d’utilité sociale) en contribuant à construire une économie de la captation. Il conclut sur la tension entre les objectifs d’écologisation du secteur de la mobilité porté par l’État, et son soutien aux plateformes capitalistes dont le modèle est susceptible d’entraîner des « effets rebonds ».