Struczyk, Stanislas
Un avatar des troubles du narcissisme : les « NEET »
- 2009.
68
Dix neuf mois après la seconde guerre mondiale est mise en place le 9 Décembre 1946 une juridiction internationale à NUREMBERG : « le Medical Case » ou procès des médecins accusés d’avoir participé au génocide. Le monde entier est encore sous le choc de l’ampleur de la gravité des crimes perpétrés par les nazis, et prend conscience de l’horreur de la Shoah. L’accusation met en évidence la dimension particulièrement atroce des expérimentations médicales réalisées sur des êtres humains dans les camps de concentration. Ce qui se joue dans ce procès dépasse largement les actions criminelles de quelques médecins dévoyés. Il s’agit du fondement même du nazisme et de sa prétention à ériger un autre code de comportement que celui que les hommes ont finalement privilégié, au moins à titre d’horizon souhaitable. Au-delà d’une prise de conscience de la nature des actes commis sur les déportés et des dérives induites par une conception dénaturée de la science, les quatre juges du tribunal militaire américain estiment indispensable d’élaborer un code de droit international permettant de qualifier les bonnes pratiques de la recherche menée sur l’homme. Le code de Nuremberg, adopté en août 1947, repris par la suite dans la déclaration d’Helsinki, constitue l’acte fondateur de l’éthique médicale moderne [1]. Ce code, dont la portée historique est fondamentale sur le plan juridique et médical, définit la légitimité des expériences médicales et le statut des personnes participant à une expérimentation. Il annonce ainsi la naissance de la bioéthique médicale.