Poussou, Jean-Pierre
Les vins que buvaient les notaires parisiens, du règne de Louis XVI à la monarchie de Juillet
- 2014.
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On trouve dans de nombreux inventaires après décès parisiens des caves à vins qui permettent de connaître les vins que buvaient les habitants de la capitale aux xviiie et xixe siècles. Une des méthodes pour en tirer des renseignements consiste à isoler un groupe socioprofessionnel et à suivre l’évolution des caves que possédaient ses membres sur une période plus ou moins longue. Ici, grâce aux dépouillements de Philippe Bertholet, le choix s’est porté sur les notaires pour une période qui va du règne de Louis XVI à la monarchie de Juillet. Les valeurs de ces caves sont très variables et leur présence ne va pas de soi mais plusieurs sont d’une grande qualité. Les bourgognes l’emportent de loin, mais à partir de l’Empire les achats de vins bordelais sont de plus en plus nombreux. Par ailleurs, tout au long de la période considérée la place des vins ibériques est considérable. Les annexes qui accompagnent l’article donnent quelques exemples de caves, apportent des données sur les écarts de prix entre les différents vins, et indiquent quels furent les principaux crus qui figurèrent alors dans les caves des notaires parisiens. The Wines Consumed by Notaries in Paris, from the Reign of Louis XVIth to the July MonarchyThrough the numerous inventories of wine cellars established in Paris after the death of their owners, one can get a glimpse at the wines that were consumed by the inhabitants of the capital in the xviiith and xixth centuries. One of the approaches making it possible to extract information from these inventories consists in isolating a socio-professional group and following the evolution of the cellars owned by the members of the selected group over a period of time. Here, thanks to the counting operations carried out by Philippe Bertholet, we directed our choice to the period stretching from the reign of Louis XVIth to the July Monarchy. The value of these cellars vary extensively and the existence of a cellar is not self-evident but some of them boast an outstanding quality. Burgundies are by far the most widespread, but with the Empire, the purchase of Bordeaux wines gain pace. On the other hand, all along the period the proportion of Iberian wines is considerable. The documents annexed to the article provide some examples of cellars and data on the prices of different wines, and list the main vintages which featured then in the cellars of notaries in Paris.