Sermondade, Nathalie
Prise en charge bioclinique des hommes infertiles avec indice de masse corporelle anormal
- 2026.
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L’obésité constitue comme un facteur de risque modifiable majeur de l’infertilité masculine. Désormais reconnue comme une maladie métabolique chronique, elle ne se limite pas à un excès pondéral, et reflète un état métabolique susceptible d’altérer durablement la fonction reproductive. Chez l’homme infertile, l’excès pondéral perturbe la spermatogenèse par des mécanismes intriqués associant dysrégulation hormonale, insulinorésistance, inflammation chronique, stress oxydatif et altérations épigénétiques des gamètes. Ces anomalies sont associées à une dégradation des paramètres spermatiques, à une diminution de la fertilité naturelle et à des résultats défavorables en assistance médicale à la procréation. La prise en charge doit être globale et individualisée, fondée sur le phénotype métabolique plutôt que sur l’indice de masse corporelle seul, et repose en première intention sur les interventions hygiénodiététiques. La période préconceptionnelle constitue une fenêtre d’intervention privilégiée, tant pour optimiser les chances de conception que pour prévenir des effets à long terme sur la santé de la descendance. Obesity is a major modifiable risk factor for male infertility and is now recognised as a chronic metabolic disease rather than a condition defined solely by body mass index. In infertile men, excess adiposity impairs reproductive function through combined endocrine, metabolic, inflammatory and oxidative mechanisms, and may induce epigenetic alterations in spermatozoa. These disturbances are associated with impaired semen quality, reduced natural fertility and poorer outcomes in assisted reproductive technologies. Clinical management should therefore move beyond BMI alone and adopt a comprehensive, phenotype-based approach. Lifestyle interventions remain the cornerstone of care. The preconception period represents a critical window to improve reproductive outcomes and potentially reduce long-term health risks for future offspring.